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IR · Régimes simplifiés · CGI art. 40–44

Auto-entrepreneur ou CPU au Maroc : plafonds, taux, coefficients et règle des 80 000 DH — le comparatif chiffré

Deux régimes paient l'impôt directement sur le chiffre d'affaires : l'auto-entrepreneur (0,5 % / 1 %, jusqu'à 500 000 / 200 000 DH) et la CPU (10 % d'une marge forfaitaire, jusqu'à 2 M DH, droit AMO compris). Ni comptabilité PCGM, ni liasse, ni cotisation minimale — mais des coefficients à connaître, des dates précises, et une règle des 80 000 DH par client qui retient 30 % là où on attendait 1 %.

Par l’équipe GZLevelPublié le 15 juillet 2026Lecture ~12 min
Auto-entrepreneur et contribution professionnelle unique (CPU) au Maroc : taux et plafonds
Chaque règle est rattachée à sa source. Ce guide s'appuie sur le texte en vigueur : CGI (art. 40, 41, 42 bis, 44, 73, 82 bis, 82 quater), guide pratique DGI de la CPU, guide fiscal officiel de l'auto-entrepreneur et LF 2026. Attention aux contenus antérieurs à 2022 qui circulent encore : le tableau des coefficients CPU a été entièrement refondu par la LF 2022 (un coiffeur y était à 40 % — il est à 20 % depuis). Une loi de finances peut retoucher ces paramètres.

Ce guide est le mémo du praticien et du créateur d'activité : plafonds et conditions des deux régimes, mécanique de calcul avec le tableau complet des coefficients, dates de déclaration au jour près, règle des 80 000 DH, cinq cas chiffrés et les critères de bascule vers la société.

L'essentiel en 30 secondes

  • Auto-entrepreneur (TEXTE, loi 114-13 + art. 42 bis CGI) : 0,5 % du CA encaissé (commerce/industrie/artisanat, plafond 500 000 DH) ou 1 % (services, plafond 200 000 DH), libératoire.
  • CPU (TEXTE, art. 40–44 CGI) : CA × coefficient du métier × 10 % + droit complémentaire AMO (1 200 à 14 400 DH/an) ; plafonds 2 000 000 / 500 000 DH ; TP et TSC exonérées en permanence.
  • Dates : AE — avant la fin du mois qui suit le mois ou trimestre d'encaissement ; CPU — déclaration avant le 1er avril, paiement annuel ou 4 × 25 % (fin mars, juin, septembre, décembre).
  • Règle des 80 000 DH (LF 2023) : au-delà de 80 000 DH de services encaissés d'un même client, le surplus subit une retenue à la source de 30 % — dans les deux régimes.
  • Ni CM, ni liasse, ni comptabilité PCGM — mais droit de contrôle de l'administration et pièces à conserver.
  • Dépassement des plafonds deux années consécutives → résultat net réel au 1er janvier suivant.

Avertissement de méthode. Les chiffres exposés sont ceux du texte en vigueur au 15 juillet 2026 (coefficients issus de la LF 2022, règle des 80 000 DH issue de la LF 2023, abattement retraite issu de la LF 2026). Pour les listes limitatives — professions exclues, coefficients par métier — revenez toujours au décret n° 2-08-124 et au tableau de l'article 40-I.

Deux régimes, une philosophie : l'impôt assis sur le chiffre d'affaires

Réponse directe

L'auto-entrepreneur et la CPU sont les deux régimes libératoires des personnes physiques au Maroc : l'impôt se calcule directement sur le chiffre d'affaires, sans résultat comptable, sans barème progressif derrière, sans cotisation minimale et sans liasse fiscale. L'AE est le format micro (jusqu'à 500 000 DH), la CPU le format small (jusqu'à 2 M DH) — héritière du bénéfice forfaitaire qu'elle a remplacé au 1er janvier 2021.

Le mot « libératoire » porte tout le régime : une fois les 0,5 %/1 % (AE) ou les 10 % de la marge forfaitaire (CPU) payés, l'impôt sur ces revenus est soldé. Pas de déclaration annuelle du revenu global à souscrire pour ces revenus (art. 86-3° CGI pour les revenus aux taux libératoires — la CPU ayant sa propre déclaration de CA), pas de report, pas de régularisation. La contrepartie : aucune charge n'est déductible. Loyer du local, achats, salaires éventuels — rien ne vient réduire la base. C'est le critère de choix n° 1 face au régime réel de l'IR : si vos charges réelles dépassent la marge que le régime présume, le forfait vous fait payer de l'impôt sur de l'argent que vous n'avez pas gagné.

La CPU a une seconde particularité : elle englobe les impôts locaux professionnels. Depuis le 1er janvier 2021, ses assujettis sont exonérés en permanence de la taxe professionnelle et de la taxe de services communaux (loi 07-20 modifiant la loi 47-06, art. 6-I-A-25°) — et son « droit complémentaire » finance l'assurance maladie obligatoire. Un seul paiement, quatre couvertures : IR, TP, TSC, AMO.

Plafonds, conditions et exclusions : qui a droit à quoi

Réponse directe

AE : CA ≤ 500 000 DH (commerce, industrie, artisanat) ou 200 000 DH (services), inscription au registre national de l'auto-entrepreneur (RNAE), activité non exclue. CPU : CA ≤ 2 000 000 DH (commerce, industrie, artisanat) ou 500 000 DH (services), adhésion à l'AMO obligatoire, profession non exclue par le décret n° 2-08-124. Dans les deux cas, personnes physiques uniquement.

ConditionAuto-entrepreneurCPU
Plafond commerce / industrie / artisanat500 000 DH2 000 000 DH
Plafond prestations de services200 000 DH500 000 DH
FormePersonne physique, à titre individuel (loi 114-13)Personne physique (revenus professionnels)
Formalité d'entréeInscription au RNAE (l'ICE tient lieu de n° de registre) ; pas de statut si une activité soumise à la TP est déjà exercéeOption dans les délais des art. 44 et 82 quater ; adhésion à l'AMO de base obligatoire (art. 41-II)
Professions excluesProfessions libérales et activités exclues par voie réglementaire (architectes, avocats, médecins, experts-comptables, notaires…)Professions fixées par le décret n° 2-08-124 (même esprit : professions libérales réglementées)
ÉtiquetteTEXTE + guide fiscal officielTEXTE (art. 40–41 CGI)

Trois précisions qui évitent des refus de dossier. D'abord, les plafonds s'apprécient par nature d'activité : un même contribuable CPU exerçant deux activités applique le coefficient de chacune (le revenu global est la somme). Ensuite, être associé ou actionnaire d'une société n'interdit pas le statut AE — c'est exercer une activité déjà soumise à la TP qui l'interdit (guide officiel). Enfin, l'entrée en CPU n'est pas automatique : les nouveaux contribuables la demandent en début d'activité dans le délai de leur première déclaration (art. 82 quater-I), les contribuables en cours d'activité dans le délai de la déclaration annuelle du revenu — l'option prenant alors effet l'année suivante (art. 44).

L'auto-entrepreneur : 0,5 % / 1 % sur l'encaissé

Réponse directe

TEXTE — art. 42 bis et 73-III CGI : 0,5 % du chiffre d'affaires encaissé pour le commerce, l'industrie et l'artisanat ; 1 % pour les services. Taux libératoires de l'IR. Déclaration et versement mensuels ou trimestriels avant la fin du mois qui suit la période d'encaissement, auprès du réseau Barid Al-Maghrib / portail RNAE.

Le détail qui change les trésoreries : l'AE est imposé sur l'encaissé, pas sur le facturé. Une facture émise en décembre et payée en février entre dans le CA de février — aucun impôt n'est dû sur une créance impayée. C'est un vrai régime de caisse, cohérent avec la cible : des activités individuelles sans comptabilité d'engagement.

Les avantages périphériques du statut, souvent aussi décisifs que le taux (guide fiscal officiel) : hors champ de la TVA (le CA reste sous le seuil d'assujettissement — factures sans TVA, mais aucune TVA récupérable) ; exonération de taxe professionnelle pendant 5 ans à compter du début d'activité ; dispense de comptabilité PCGM ; identification par un simple ICE qui tient lieu de numéro de registre. La sortie est encadrée : radiation du RNAE sur demande, en cas de transformation en un autre statut — ou d'office si le CA déclaré est nul à partir de la deuxième année suivant l'inscription. Déclarer zéro reste donc une obligation, et un statut dormant ne survit pas.

La CPU : 10 % d'une marge forfaitaire + droit complémentaire AMO

Réponse directe

TEXTE — art. 40-I et 73-II-B-6° CGI : la base imposable = CA × coefficient du métier (tableau ci-dessous), imposée au taux libératoire de 10 %. S'y ajoute le droit complémentaire (couverture médicale), lu dans un tableau à huit tranches : de 1 200 DH/an (impôt < 500 DH) à 14 400 DH/an (impôt > 50 000 DH).

La logique : le coefficient représente la marge que l'administration présume pour votre métier. 6 % pour une épicerie (marges fines, volumes), 20 % pour un salon de coiffure (marge de service), 45 % pour un courtier (quasi pas de charges). L'impôt réel rapporté au CA est donc le dixième du coefficient : une épicerie paie 0,6 % de son CA, un courtier 4,5 %. D'où la règle de décision : plus votre marge réelle est inférieure au coefficient de votre catégorie, moins la CPU vous convient — et inversement, une activité à très forte marge est rarement perdante en CPU.

Tranches de l'impôt CPU annuel (DH)Droit complémentaire trimestriel (DH)Droit complémentaire annuel (DH)
Moins de 5003001 200
De 500 à 1 0003901 560
De 1 001 à 2 5005702 280
De 2 501 à 5 0007202 880
De 5 001 à 10 0001 0504 200
De 10 001 à 25 0001 5006 000
De 25 001 à 50 0002 2509 000
Supérieur à 50 0003 60014 400

Le droit complémentaire n'est pas un impôt de plus « caché » : c'est la cotisation AMO du travailleur indépendant, intégrée au même paiement (art. 73-II-B-6°) — son versement va de pair avec l'adhésion au régime d'assurance maladie, qui est une condition du régime. Côté auto-entrepreneur, l'AMO existe aussi mais se gère séparément auprès de la CNSS : à budget comparable, pensez à compter les deux lignes avant de comparer les régimes.

Le tableau officiel des coefficients CPU (version LF 2022, en vigueur)

Réponse directe

RÉFÉRENTIEL — tableau de l'article 40-I du CGI, refondu par la LF 2022 (l'ancienne liste de 795 professions a été regroupée en catégories homogènes). Repères : alimentation générale 6 %, autres produits non alimentaires 12 %, transport 10 %, coiffure 20 %, réparateurs 30 %, courtiers 45 %, autres prestations 20 %, fabrication 10 %, marchand de tabac 3 %.

CatégorieActivitéCoefficientCharge réelle sur CA (× 10 %)
CommerceAlimentation générale6 %0,60 %
Autres produits alimentaires8 %0,80 %
Matières premières · matériaux de construction8 %0,80 %
Produits chimiques et engrais10 %1,00 %
Autres produits non alimentaires12 %1,20 %
Prestation de servicesRestauration légère ou rapide10 %1,00 %
Exploitant de restaurant et débitant de boissons20 %2,00 %
Transport de personnes et de marchandises10 %1,00 %
Activités d'entretien15 %1,50 %
Location de biens meubles20 %2,00 %
Autres activités de location et de gestion25 %2,50 %
Coiffure et esthétique20 %2,00 %
Mécanicien réparateur · réparateur d'appareils électroniques · activités artistiques et de divertissement · exploitant de moulin30 %3,00 %
Autres artisans de services12 %1,20 %
Courtiers45 %4,50 %
Autres prestations20 %2,00 %
FabricationProduits alimentaires · produits non alimentaires10 %1,00 %
Commerces et activités spécifiquesChevillard4 %0,40 %
Marchand de tabac3 %0,30 %
Marchand de gaz comprimé, liquéfié et dissous4,5 %0,45 %
Marchand de farine, fécules, semoules ou son5 %0,50 %
Armateur, adjudicataire ou fermier (pêche)7 %0,70 %
Boulanger8 %0,80 %

Deux réflexes d'application. Un contribuable multi-activités calcule chaque activité avec son coefficient puis additionne les revenus (art. 40-I). Et méfiez-vous des exemples d'avant 2022 encore massivement en ligne — y compris ceux du guide DGI de 2021, rédigé sous l'ancien tableau : son coiffeur y est calculé à 40 %, le taux actuel de la catégorie « coiffure et esthétique » est de 20 %. La colonne « charge réelle » ci-dessus donne le vrai coût du régime rapporté au CA : c'est elle qu'on compare au 0,5 %/1 % de l'auto-entrepreneur.

Des dossiers AE et CPU suivis sans y penser

Échéancier fiscal automatique par dossier (déclarations CPU, trimestres auto-entrepreneur), relances clients et pièces centralisées — le cabinet gère les petits régimes aussi proprement que les grands, sans tableur.

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Déclarations et paiements : les dates exactes

Réponse directe

AE : déclaration et versement avant la fin du mois qui suit le mois ou le trimestre d'encaissement (art. 82 bis-II). CPU : déclaration annuelle avant le 1er avril de l'année suivante (art. 82 quater-I), avec paiement annuel (avant fin mars) ou trimestriel — 4 × 25 % avant fin mars, fin juin, fin septembre et fin décembre.

ObligationAuto-entrepreneurCPU
Déclaration du CAMensuelle ou trimestrielle, avant la fin du mois suivant la période (Barid Al-Maghrib / portail RNAE, télédéclaration possible)Annuelle, avant le 1er avril de l'année suivant celle du CA — pré-remplie sur SIMPL-CPU (tax.gov.ma)
PaiementAvec chaque déclaration (versement spontané)Au choix exprimé dans la déclaration : annuel (avant fin mars) ou 4 acomptes de 25 % avant l'expiration des 3e, 6e, 9e et 12e mois
BaseCA encaisséCA réalisé, par activité
Plus-values (cession/cessation)Déclaration dans les 45 jours de la cession ou cessation (art. 82 quater-II ; modalités communes)
RetardPénalité 10 % (ramenée à 5 % si ≤ 30 jours) + majoration 5 % le 1er mois puis 0,5 %/mois (art. 184 et 208) — avec un minimum adouci à 100 DH pour la déclaration de CA de l'auto-entrepreneur

Le piège de calendrier de la CPU n'est pas la déclaration — pré-remplie, elle se dépose en quelques clics — mais l'option de paiement : elle vaut pour l'année entière (mention portée sur la déclaration), et le premier acompte trimestriel tombe en même temps que la déclaration (fin mars). Un contribuable qui découvre son option trimestrielle en mai a déjà une échéance en retard. Ces dates, comme toutes celles des dossiers, figurent dans notre calendrier fiscal 2026 — et l'échéancier de GZLevel les suit automatiquement par dossier selon le régime déclaré.

La règle des 80 000 DH par client : la retenue de 30 %

Réponse directe

TEXTE — LF 2023 (art. 40-I, 42 bis et 73-II-G-8° CGI) : quand le CA annuel de prestations de services réalisé pour un même client dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à une retenue à la source de 30 %, opérée par ce client. La règle s'applique aux rémunérations versées depuis le 1er janvier 2023, à l'auto-entrepreneur comme à la CPU.

L'objectif est explicite : décourager le salariat déguisé — le salarié « transformé » en auto-entrepreneur qui facture 1 % là où son bulletin de paie supporterait le barème de l'IR. Le mécanisme est chirurgical : seul le surplus au-delà de 80 000 DH par client et par an est frappé, la retenue est opérée et reversée par le client (entreprise), et la déclaration annuelle CPU comporte désormais une ligne dédiée à ce CA (art. 82 quater-I-8°).

Chiffrons la falaise. Consultant auto-entrepreneur, 150 000 DH d'encaissements dont 120 000 chez un client unique : surplus 40 000 × 30 % = 12 000 DH retenus ; le reste (110 000) paie 1 % = 1 100 DH. Total : 13 100 DH — contre 1 500 DH si le même CA était réparti sous les 80 000 par client. À ce niveau de dépendance, la vraie question n'est plus le régime micro : c'est structure (société, IS) ou salariat. La mécanique déclarative côté client-payeur est détaillée dans notre guide de la retenue à la source.

Cinq exemples chiffrés complets

Réponse directe

Épicerie à 800 000 DH → CPU 7 680 DH/an tout compris. Coiffeuse à 60 000 DH → 3 480 DH. Développeur multi-clients à 180 000 DH → AE 1 800 DH (contre 6 480 en CPU). Transporteur à 400 000 DH → CPU 6 880 DH. Marchand de tabac à 1,5 M DH → 7 380 DH (0,49 % du CA).

CasRégime · coefficientImpôtDroit compl.Total annuel
Épicerie de quartier, CA 800 000 DHCPU · alimentation générale 6 %800 000 × 6 % × 10 % = 4 800tranche 2 501–5 000 → 2 8807 680 DH (option trimestrielle : 4 × 1 920)
Coiffeuse, CA 60 000 DHCPU · coiffure 20 %60 000 × 20 % × 10 % = 1 200tranche 1 001–2 500 → 2 2803 480 DH
Développeur, CA 180 000 DH, 4 clients équilibrésAE · services 1 %180 000 × 1 % = 1 800— (AMO gérée à part, CNSS)1 800 DH — le même en CPU (« autres prestations » 20 %) : 3 600 + 2 880 = 6 480
Transporteur de marchandises, CA 400 000 DHCPU · transport 10 % (plafond AE services dépassé)400 000 × 10 % × 10 % = 4 000tranche 2 501–5 000 → 2 8806 880 DH
Marchand de tabac, CA 1 500 000 DHCPU · tabac 3 %1 500 000 × 3 % × 10 % = 4 500tranche 2 501–5 000 → 2 8807 380 DH ≈ 0,49 % du CA

Lecture transversale : sous ses plafonds et avec une clientèle répartie, l'auto-entrepreneur écrase la comparaison (cas 3 : 3,6 fois moins cher que la CPU). La CPU prend le relais au-delà — et son coût réel dépend presque entièrement du coefficient : à CA égal, un courtier paie 7,5 fois plus qu'un marchand de tabac. Avant d'opter, faites le calcul complet sur votre ligne du tableau, droit complémentaire compris : c'est cinq minutes, et c'est réversible seulement au 1er janvier.

AE, CPU ou société : le comparatif de bascule

Réponse directe

Rester en micro tant que : les plafonds tiennent, les charges réelles sont faibles, aucun client ne pèse plus de 80 000 DH, et la clientèle ne réclame pas de TVA déductible. Basculer en société (IS) quand l'un de ces quatre verrous saute — l'IS des PME étant unifié à 20 % depuis la LF 2026 pour les bénéfices sous 100 M DH (hors secteur financier), la marche est moins haute qu'avant.

CritèreAuto-entrepreneurCPUSociété à l'IS
Impôt0,5 % / 1 % du CA encaissé, libératoire10 % × (CA × coefficient) + droit AMOIS 20 % du bénéfice (LF 2026, < 100 M DH, hors financier)
Charges déductiblesAucuneAucune (marge forfaitaire)Toutes (réel)
TVAHors champNon facturée en pratique (seuils)Facturée et récupérable
Cotisation minimaleNonNonOui — 0,25 % des produits, plancher 3 000 DH (exonération 36 mois)
Comptabilité / liasseRegistre simple, pas de liasseDéclaratif, pas de liasseComptabilité PCGM + liasse fiscale
Règle des 80 000 DH/clientOui (services)Oui (services)Non — facturation normale, RAS éventuelles de droit commun
Protection socialeAMO indépendants (CNSS), à partAMO intégrée via droit complémentaireCNSS salarié pour le dirigeant rémunéré
Image commercialeFreelance / microCommerce établiStructure — exigée par certains donneurs d'ordre

La bascule ne se subit pas, elle s'anticipe : le dépassement des plafonds deux années consécutives envoie d'office au résultat net réel à compter du 1er janvier suivant (art. 41 CGI ; même logique côté AE, sauf option pour le RNS ou la CPU si les conditions en sont remplies). Concrètement, dès la première année de dépassement : ouvrez la comptabilité en janvier, provisionnez la TVA à facturer, budgétez la cotisation minimale post-exonération, et choisissez la forme (SARL AU le plus souvent) avant que le régime ne choisisse pour vous. Un dossier qui bascule proprement, c'est trois mois de préparation — pas une régularisation de septembre.

La bascule micro → société, pilotée par le cabinet

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Fin d'activité, plus-values et retraite (nouveauté LF 2026)

Réponse directe

À la cession ou cessation : déclaration des plus-values et indemnités dans les 45 jours. En CPU, la plus-value nette est taxée à 20 % libératoire (art. 73-II-F-11°) ; chez l'auto-entrepreneur, elle suit le barème progressif de l'IR (art. 42 bis) — différence méconnue. Depuis la LF 2026 : abattement de 50 % sur la plus-value des éléments incorporels (plafond 1 M DH) pour le contribuable CPU sans régime de retraite qui cesse définitivement à 65 ans ou plus (art. 31-V).

La mécanique CPU est complète et datée : plus-values et indemnités de cession d'entreprise ou de clientèle (terrains et constructions exclus — ils suivent leur propre fiscalité), calculées avec des amortissements présumés avoir été pratiqués à 10 % par an pour le matériel, l'outillage et le mobilier, et 20 % pour les véhicules (art. 40-II). Exemple du guide DGI : machine acquise 60 000 DH début 2016, cédée 36 000 DH mi-2022 → amortissements présumés 39 000, valeur nette 21 000, plus-value imposable 15 000 DH. Ce mode de calcul évite toute reconstitution comptable — cohérent avec un régime sans comptabilité.

L'abattement LF 2026 mérite d'être connu des cabinets qui suivent des commerçants âgés : il cible précisément le petit commerçant CPU sans couverture retraite, dont le fonds de commerce est l'unique capital de fin de vie active. À 65 ans ou plus, en cessation définitive, la plus-value sur les éléments incorporels (dans la limite de 1 M DH) n'est imposée que pour moitié — au taux de 20 %, l'économie atteint donc jusqu'à 100 000 DH. Mesure d'équité assumée : le texte l'accorde à ceux qui n'ont pas de régime de retraite (art. 31-V, applicable au 1er janvier 2026) ; vérifiez les conditions exactes en note circulaire avant d'en faire un argument de cession.

Sources officielles

Réponse directe

Tout ce guide se vérifie dans cinq textes : le CGI (art. 40, 41, 42 bis, 44, 73, 82 bis, 82 quater), la loi 114-13 (statut AE), le décret n° 2-08-124 (exclusions), le guide pratique DGI de la CPU et le guide fiscal officiel de l'auto-entrepreneur — plus les LF 76-21 (tableau 2022), 50-22 (règle des 80 000 DH) et 50-25 (abattement retraite 2026).

Hiérarchie de lecture en cas de doute : le CGI d'abord (le tableau des coefficients est annexé à l'art. 40-I, les dates aux art. 82 bis et 82 quater), les guides officiels ensuite — en gardant en tête que le guide CPU de la DGI date de 2021 et que ses exemples chiffrés utilisent l'ancien tableau des coefficients, refondu depuis par la LF 2022. Les notes circulaires des LF 2022, 2023 et 2026 précisent respectivement le nouveau tableau, la règle des 80 000 DH et l'abattement de cessation à 65 ans.

Questions fréquentes — auto-entrepreneur et CPU

Les questions que cabinets et créateurs d'activité posent réellement, avec des réponses datées et sourcées.

Quelle est la différence entre l'auto-entrepreneur et la CPU ?

Deux régimes libératoires pour personnes physiques, assis sur le chiffre d'affaires — mais à des échelles différentes. L'auto-entrepreneur (loi 114-13) : 0,5 % ou 1 % du CA encaissé, plafonds 500 000 DH (commerce/industrie/artisanat) et 200 000 DH (services), inscription au registre national (RNAE), déclarations au fil de l'eau. La CPU (art. 40 à 44 CGI) : 10 % appliqués à une marge forfaitaire (CA × coefficient du métier), plafonds 2 000 000 et 500 000 DH, plus un droit complémentaire finançant l'AMO ; elle remplace IR, taxe professionnelle et taxe de services communaux.

Quels sont les plafonds de l'auto-entrepreneur en 2026 ?

500 000 DH de chiffre d'affaires annuel pour les activités commerciales, industrielles et artisanales ; 200 000 DH pour les prestations de services. Ces plafonds sont inchangés par la LF 2026. S'y ajoute une limite par client pour les services : au-delà de 80 000 DH encaissés d'un même client dans l'année, le surplus subit une retenue à la source de 30 %.

Quels taux d'impôt paie l'auto-entrepreneur ?

0,5 % du chiffre d'affaires encaissé pour les activités commerciales, industrielles et artisanales ; 1 % pour les prestations de services (art. 42 bis et 73-III CGI). Ces taux sont libératoires de l'IR : aucun barème progressif ne s'applique derrière, et le contribuable est dispensé de la déclaration annuelle du revenu global pour ces revenus. L'impôt se calcule sur l'encaissé — pas sur le facturé.

Qui peut opter pour la CPU ?

Les personnes physiques dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 2 000 000 DH (activités commerciales, industrielles et artisanales) ou 500 000 DH (prestataires de services), à deux conditions : adhérer au régime de l'assurance maladie obligatoire de base, et ne pas exercer une profession exclue par le décret n° 2-08-124 (professions libérales réglementées : médecins, avocats, architectes, experts-comptables, notaires…). L'option se formule dans les délais des articles 44 et 82 quater du CGI.

Comment se calcule la CPU ?

En trois temps : CA × coefficient du métier (tableau de l'article 40-I : 6 % pour l'alimentation générale, 10 % pour le transport, 20 % pour la coiffure, 45 % pour les courtiers…) = revenu professionnel forfaitaire ; puis 10 % de ce revenu = impôt ; puis le droit complémentaire lu dans le tableau des tranches (de 1 200 à 14 400 DH par an) s'ajoute pour la couverture médicale. Exemple : épicerie à 800 000 DH de CA → 800 000 × 6 % = 48 000 ; × 10 % = 4 800 DH d'impôt ; + 2 880 DH de droit complémentaire = 7 680 DH par an.

Qu'est-ce que le droit complémentaire de la CPU ?

La seconde composante de la CPU (art. 73-II-B-6° CGI) : un montant forfaitaire destiné à financer l'assurance maladie obligatoire du travailleur indépendant. Il se lit dans un tableau à huit tranches selon le montant de l'impôt CPU : moins de 500 DH d'impôt → 1 200 DH/an ; 500 à 1 000 → 1 560 ; 1 001 à 2 500 → 2 280 ; 2 501 à 5 000 → 2 880 ; 5 001 à 10 000 → 4 200 ; 10 001 à 25 000 → 6 000 ; 25 001 à 50 000 → 9 000 ; au-delà de 50 000 → 14 400 DH/an. En paiement trimestriel, chaque tranche a son montant au quart (300 à 3 600 DH).

Quand déclarer et payer la CPU ?

Déclaration annuelle du chiffre d'affaires avant le 1er avril de l'année suivante (art. 82 quater-I CGI), en pratique pré-remplie sur SIMPL-CPU (tax.gov.ma). Paiement au choix, exprimé dans la déclaration : annuel (avant fin mars) ou trimestriel — quatre versements de 25 % avant la fin des 3e, 6e, 9e et 12e mois de l'année (31 mars, 30 juin, 30 septembre, 31 décembre). Hors délai : pénalité de 10 % (5 % si le retard n'excède pas 30 jours) plus majorations de 5 % puis 0,5 % par mois (art. 184 et 208 CGI).

Quand l'auto-entrepreneur déclare-t-il son chiffre d'affaires ?

Mensuellement ou trimestriellement, au choix : déclaration et versement avant la fin du mois qui suit le mois ou le trimestre au cours duquel le chiffre d'affaires a été encaissé (art. 82 bis-II CGI), auprès de l'organisme gestionnaire — le réseau Barid Al-Maghrib et le portail du registre national de l'auto-entrepreneur, y compris par télédéclaration. À noter : c'est l'encaissement qui déclenche l'impôt, et déclarer un CA nul reste obligatoire — un CA nul à partir de la deuxième année peut entraîner la radiation du registre.

C'est quoi la règle des 80 000 DH (retenue à la source de 30 %) ?

Depuis la LF 2023 (rémunérations versées à compter du 1er janvier 2023) : lorsque le chiffre d'affaires annuel de prestations de services réalisé pour le compte d'un même client dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à une retenue à la source de 30 %, opérée par ce client (art. 40-I, 42 bis et 73-II-G-8° CGI). La règle vise l'auto-entrepreneur ET la CPU, et cible le salariat déguisé. Exemple : consultant auto-entrepreneur à 150 000 DH dont 120 000 chez un seul client → 40 000 DH retenus à 30 % (12 000 DH) + le reste à 1 % — soit 13 100 DH au lieu de 1 500.

L'auto-entrepreneur et la CPU facturent-ils la TVA ?

En pratique non. Le guide fiscal officiel de l'auto-entrepreneur le dit expressément : l'AE est hors champ de la TVA, son chiffre d'affaires restant sous le seuil d'assujettissement. Les contribuables CPU relèvent des mêmes logiques de seuils (exonérations des petits prestataires et des détaillants). Conséquence : factures sans TVA — et aucune TVA déductible sur les achats. Si votre clientèle est constituée d'entreprises qui récupèrent la TVA, ce point change l'équation économique.

Paient-ils la cotisation minimale ? Déposent-ils une liasse fiscale ?

Non et non. La cotisation minimale (art. 144 CGI) concerne l'IS et l'IR aux régimes du résultat net réel ou simplifié — pas les régimes libératoires assis sur le CA. Et ni la CPU ni l'auto-entrepreneur ne déposent de liasse fiscale : leurs obligations se limitent aux déclarations de chiffre d'affaires (annuelle pour la CPU, mensuelle ou trimestrielle pour l'AE) et, le cas échéant, à la déclaration des plus-values en fin d'activité.

La CPU couvre-t-elle la taxe professionnelle ?

Oui : les personnes physiques soumises à la CPU bénéficient d'une exonération totale permanente de la taxe professionnelle et de la taxe de services communaux depuis le 1er janvier 2021 (loi 07-20 modifiant la loi 47-06, art. 6-I-A-25°). C'est le sens même du régime : un paiement unique englobant IR, TP et TSC, plus le droit complémentaire AMO. L'auto-entrepreneur, lui, est exonéré de taxe professionnelle pendant 5 ans à compter du début d'activité (guide fiscal officiel du statut).

Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?

Le régime tolère une année de dépassement : c'est le dépassement pendant deux années consécutives qui fait basculer au régime du résultat net réel, à compter du 1er janvier suivant ces deux années (art. 41 CGI pour la CPU ; même mécanique pour l'auto-entrepreneur, sauf option pour le RNS ou la CPU s'il en remplit les conditions). Anticipez la bascule dès la première année de dépassement : comptabilité à ouvrir, TVA à facturer, cotisation minimale à budgéter.

Comment sont taxées les plus-values en fin d'activité ?

En CPU : 20 % libératoire sur les plus-values et indemnités de cession ou cessation (art. 40-II et 73-II-F-11° CGI), déclaration dans les 45 jours, avec des amortissements présumés de 10 % par an (matériel, outillage, mobilier) et 20 % (véhicules). Chez l'auto-entrepreneur, les plus-values suivent les mêmes modalités mais sont imposées au barème progressif de l'IR (art. 42 bis) — différence méconnue. Nouveauté LF 2026 (art. 31-V CGI) : abattement de 50 % sur la plus-value des éléments incorporels (fonds de commerce, plafond de 1 M DH) en cas de cessation définitive à 65 ans ou plus, pour les contribuables CPU sans régime de retraite.

Faut-il tenir une comptabilité ?

Pas de comptabilité PCGM complète dans les deux régimes : pas de journaux, pas de balance, pas de liasse. Mais le régime déclaratif a une contrepartie : le droit de contrôle de l'administration s'applique (le guide DGI de la CPU le rappelle expressément, et l'art. 82 bis-IV étend à l'auto-entrepreneur les règles de contrôle et sanctions de la CPU). Conservez donc factures émises, justificatifs d'encaissement et pièces d'achat — c'est votre seule défense en cas de demande de justification du CA déclaré.

Auto-entrepreneur ou CPU : lequel choisir ?

Sous les plafonds AE et avec une clientèle diversifiée, l'auto-entrepreneur est presque toujours moins cher (1 % du CA contre environ 2 % + droit complémentaire pour un prestataire CPU) et plus simple. La CPU s'impose quand le CA dépasse les plafonds AE (jusqu'à 2 M DH en commerce), quand l'activité est exclue du statut AE, ou quand on veut TP et TSC définitivement couvertes et l'AMO intégrée au même paiement. Un seul gros client à plus de 80 000 DH ? La retenue de 30 % frappe les deux régimes — comparez alors avec une société à l'IS, surtout depuis l'IS unifié à 20 % (LF 2026).