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Imputation PCGM · 2026

Imputation comptable au Maroc : quel compte PCGM pour quelle facture ?

Une pile de factures fournisseurs sur le bureau, un dossier à sortir avant la fin du mois, et à chaque pièce la même question : quel compte ? Le carburant, le loyer du plateau, la facture de l'avocat, l'imprimante à 4 200 MAD, le déjeuner client, la prime d'assurance de la voiture de fonction. Chacune de ces factures a une bonne réponse — et plusieurs mauvaises, dont certaines se paient très cher quatre ans plus tard, en contrôle.

Par l’équipe GZLevelMis à jour en juillet 2026Lecture ~14 min
Imputation comptable au Maroc : quel compte PCGM pour quelle facture
À jour, avec prudence. Les numéros de comptes cités suivent le Plan Comptable Général Marocain (CGNC, loi n° 9-88). Les règles de TVA récupérable, de déductibilité et les seuils relèvent du Code Général des Impôts et peuvent être modifiés par une loi de finances. Les points que les textes ne tranchent pas explicitement sont signalés comme tels : vérifiez-les avant de paramétrer un plan de comptes.

Cette page n'est pas une liste du plan comptable marocain : il en existe déjà d'excellentes, et un annuaire vous donnera toujours plus vite le libellé du compte 3455. C'est l'inverse d'un annuaire. On ne part pas du compte pour retrouver son libellé : on part de la facture pour trouver son compte, avec la TVA qui va avec et le sort fiscal qui va avec. Chaque numéro normalisé cité ici est repris du texte du CGNC ; les rares numéros qui relèvent d'un usage de cabinet (sous-comptes créés) sont signalés comme tels, jamais présentés comme normalisés. Chaque règle fiscale est tirée du Code Général des Impôts 2026 (loi de finances n° 50-25) et de la note circulaire n° 717 de la DGI. Ce que les textes ne tranchent pas est signalé comme tel, explicitement.

L'essentiel en 30 secondes

  • Le PCGM comporte 10 classes : 1 à 5 pour le bilan, 6 à 8 pour la gestion et les résultats, 9 (analytique) et 0 (comptes spéciaux) optionnelles.
  • Un numéro se lit par étages : 1 chiffre = classe, 2 = rubrique, 3 = poste, 4 = compte principal, 5 = compte divisionnaire, 6 et plus = sous-compte libre créé par l'entreprise (correspondance déduite de la nomenclature — voir la réserve plus bas).
  • Le niveau d'imputation de référence est le compte principal à 4 chiffres (6111, 6131, 6142, 6136…). En dessous, vous êtes libre ; au-dessus, vous n'imputez plus — poste, rubrique et classe sont des niveaux de restitution, pas d'imputation.
  • Trois questions par facture, dans cet ordre : quel compte de charge ou d'immobilisation ? quelle TVA (34551, 34552 ou aucune) ? quel compte de tiers (4411 ou 4481) ? Une erreur sur la première en produit trois.
  • Il n'existe aucun seuil légal de 5 000 MAD permettant de passer un bien durable en charge. Les 5 000 MAD du CGI sont un plafond de règlement en espèces (art. 11-II et 106-II), rien d'autre.
  • Le PCGM date de 1992 : il n'a aucun compte « carburant », « internet », « SaaS » ni « formation ». Ces imputations sont des usages, pas des normes — à documenter dans le manuel d'organisation comptable du dossier.
  • La déductibilité ne se lit pas sur la facture : mission, réception, cadeaux, gasoil de voiture de tourisme, mode de règlement… autant d'arbitrages que seul un humain peut trancher.

Réserve d'usage, à lire avant de vous en servir. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur au 12 juillet 2026 : la loi de finances de chaque année peut les modifier (le plafond d'amortissement des véhicules de tourisme — le CGI dit « véhicules de transport de personnes » — est passé de 300 000 à 400 000 MAD TTC par la LF 2025 ; le taux de TVA de l'électricité a atteint 20 % au 1er janvier 2026). Les numéros de comptes du CGNC, eux, n'ont pas bougé depuis 1992 — mais certains de leurs libellés sont périmés. Enfin, cette page est un outil de travail : elle ne remplace ni le manuel d'organisation comptable du dossier, ni le jugement de l'expert-comptable, qui reste responsable de ses travaux.

Voir aussi le calendrier fiscal 2026 et l'ensemble des guides comptables.

Qu'est-ce que l'imputation comptable, et qu'en dit la loi marocaine ?

Réponse directe

L'imputation, c'est le choix du compte dans lequel une opération est enregistrée. Au Maroc, ce n'est pas une commodité d'organisation : la loi n° 9-88 (article premier) impose que « tout enregistrement comptable précise l'origine, le contenu et l'imputation du mouvement » ainsi que la référence de la pièce justificative. C'est une mention obligatoire de l'écriture.

Trois textes encadrent l'exercice, et il vaut la peine de les avoir en tête avant d'ouvrir la pile de factures.

  • Loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants (dahir du 25 décembre 1992, modifiée par la loi n° 44-03). Son article premier exige que chaque enregistrement précise « l'origine, le contenu et l'imputation du mouvement ». Son article 2 fonde la partie double : « Toute écriture affecte au moins deux comptes dont l'un est débité et l'autre est crédité d'une somme identique. » Son article 15 ajoute que les mouvements « doivent être inscrits dans les comptes ou postes adéquats, avec la bonne dénomination et sans compensation entre eux ».
  • Le CGNC (Code Général de la Normalisation Comptable) et son PCGE (Plan Comptable Général des Entreprises) : c'est la nomenclature elle-même — classes, rubriques, postes, comptes principaux, comptes divisionnaires, et le mode de fonctionnement de chaque compte.
  • Une précision de vocabulaire, parce que les trois sigles circulent ensemble : « PCGM » (plan comptable général marocain) est l'appellation courante du PCGE, la nomenclature contenue dans le CGNC. Les deux désignent le même plan.
  • Le CGI 2026 : il ne dit pas quel compte utiliser, mais il dit ce qui est déductible et ce qui ne l'est pas. Un compte juste avec une déduction fausse coûte exactement le même prix qu'un compte faux.

Corollaire pratique : l'imputation n'est jamais « à peu près bonne ». L'article 213-I du CGI range les « erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées, constatées dans la comptabilisation des opérations » parmi les irrégularités graves autorisant l'administration à rejeter la comptabilité et à reconstituer le chiffre d'affaires. Une mauvaise règle d'imputation répliquée douze mois de suite coche littéralement cette case.

Comment sont organisées les 10 classes du plan comptable marocain ?

Réponse directe

Le PCGM répartit les comptes en dix classes : les classes 1 à 5 sont des comptes de situation qui alimentent le bilan, les classes 6, 7 et 8 des comptes de gestion et de résultats qui alimentent le CPC, la classe 9 la comptabilité analytique et la classe 0 les comptes spéciaux. Les classes 9 et 0 sont optionnelles.

Les 10 classes du plan comptable marocain (PCGM / CGNC)
ClasseLibellé officielÀ quoi elle sertÉtat de synthèse
1Comptes de financement permanentCapital, réserves, résultat, dettes de financement, provisions durablesBilan (passif)
2Comptes d'actif immobiliséNon-valeurs, incorporel, corporel, financier + amortissements (28) et provisions (29)Bilan (actif)
3Comptes d'actif circulant (hors trésorerie)Stocks, clients, État débiteur (dont TVA récupérable), régularisations d'actifBilan (actif)
4Comptes de passif circulant (hors trésorerie)Fournisseurs, personnel, organismes sociaux, État créditeur, régularisations de passifBilan (passif)
5Comptes de trésorerieBanques, caisse, chèques et effets à encaisser, découvertsBilan
6Comptes de chargesCharges d'exploitation (61), financières (63), non courantes (65), impôts sur les résultats (67)CPC
7Comptes de produitsProduits d'exploitation (71), financiers (73), non courants (75)CPC
8Comptes de résultatsComptes de soldes, qui apurent les classes 6 et 7 : 8100, 8300, 8400, 8500, 8600, 8800CPC / ESG
9Comptes analytiquesCoûts d'achat, coûts de revient, écarts, résultats analytiques — optionnelleHors états de synthèse
0Comptes spéciauxEngagements donnés et reçus, crédit-bail hors bilan, bilans d'ouverture/clôture — optionnelleHors bilan

Deux précisions que la plupart des présentations escamotent, et qui sont pourtant écrites noir sur blanc.

  • Les classes 9 et 0 ne sont pas obligatoires. Dans le tableau « Cadre comptable » annexé à la loi n° 9-88, elles portent l'appel de note (2), dont la légende dit : « Optionnel ». Même statut facultatif pour les comptes 811 Marge brute, 814 Valeur ajoutée et 817 Excédent brut d'exploitation — le CGNC le redit : « L'usage de ce compte est facultatif. »
  • La classe 8 n'est pas une classe de gestion comme 6 et 7. Ce sont des comptes de soldes, utilisés en fin d'exercice. La chaîne est mécanique : 61+63+65 et 71+73+75 se soldent dans 81 / 83 / 85, puis 8400 Résultat courant et 8600 Résultat avant impôts ; le poste 670 (impôts sur les résultats) vient ensuite en déduction pour former 8800 Résultat après impôts, lui-même soldé par 1191 (bénéfice) ou 1199 (déficit) — et l'on retombe au bilan.

La construction même du bilan, du CPC, de l'ESG et de l'ETIC à partir de ces classes est traitée ailleurs : voir la liasse fiscale et les états de synthèse.

Que signifie chaque chiffre d'un numéro de compte PCGM ?

Réponse directe

Le PCGM utilise une codification décimale : chaque chiffre ajouté descend d'un étage. Un chiffre donne la classe, deux la rubrique, trois le poste (la ligne des états de synthèse), quatre le compte principal — le niveau d'imputation de référence —, cinq le compte divisionnaire, six et au-delà des sous-comptes librement créés par l'entreprise.

Le CGNC pose le principe : « Chaque classe est subdivisée en comptes faisant l'objet d'une classification décimale. Les comptes sont identifiés par des numéros à quatre chiffres ou plus, selon leurs niveaux successifs, dans le cadre d'une codification décimale. »

Le compte 61211 décortiqué, position par position :

PositionNuméroNiveauLibelléCaractère
1 chiffre6ClasseComptes de chargesLégal (annexe loi n° 9-88)
2 chiffres61RubriqueCharges d'exploitationNormatif — niveau des rubriques du CPC
3 chiffres612PosteAchats consommés de matières et fournituresNormatif — c'est la ligne de l'état de synthèse
4 chiffres6121Compte principalAchats de matières premièresLe niveau d'imputation de référence du PCGE
5 chiffres61211Compte divisionnaireAchats de matières premières AProposé par le PCGE, facultatif
6 chiffres et +612111…Sous-compteLibreCréé par l'entreprise

*Réserve de méthode, à assumer :* le CGNC écrit « quatre chiffres ou plus » et ne formule nulle part une phrase-règle du type « le compte principal a 4 chiffres, le divisionnaire 5 ». Cette correspondance est déduite de la nomenclature elle-même (le CGNC parle explicitement des « comptes principaux 6114 ou 6124 ») et elle est universellement admise et enseignée au Maroc — mais présentez-la comme une aide à la lecture, pas comme un article de loi.

Ce que racontent les autres chiffres — trois lectures utiles, de valeur inégale :

  • Le 2e chiffre, en gestion, donne le niveau de résultat. 61/71/81 = exploitation, 63/73/83 = financier, 65/75/85 = non courant, 67 = impôts sur les résultats. La symétrie est voulue.
  • Le 2e chiffre, en situation, donne la nature de la correction de valeur. 7 = écarts de conversion (17, 27, 37, 47), 8 = amortissements (28), 9 = provisions pour dépréciation (29 immobilisé, 39 circulant, 59 trésorerie).
  • La terminaison 9 = compte soustractif. C'est la seule règle de « signification d'un chiffre » que le CGNC énonce explicitement, dans son lexique : les rabais, remises et ristournes hors facture « viennent en diminution des charges et des produits concernés, inscrits dans des comptes soustractifs à terminaison 9 ». D'où 6119 (RRR obtenus sur achats de marchandises, un compte de charge qui fonctionne au crédit) et 7119 (RRR accordés, un compte de produit qui fonctionne au débit). Même logique pour 1191/1199 et 8171/8179.

Deux conventions constantes, mais qui ne sont pas des règles du CGNC (aucune phrase du texte ne les érige en règle — à utiliser comme aide à la lecture) :

  • …8 en 4e position signifie « Autres » dans les classes 1 à 5 (2318 Autres terrains, 4418 Autres fournisseurs et comptes rattachés, 5118 Autres valeurs à encaisser) et « des exercices antérieurs » dans les classes 6 et 7 (6118, 6128, 6148, 6168, 6178, 6318). Retenez celle-là : elle vous servira à la clôture.
  • …0 en 4e position signale un poste à compte unique : 2340 Matériel de transport, 2230 Fonds commercial, 8100 Résultat d'exploitation.

Le piège du poste à double code. Le PCGE écrit littéralement « 613/614 Autres charges externes » (et « 24/25 Immobilisations financières »). Un logiciel qui suppose « un poste = trois chiffres uniques » se trompe ici : les comptes principaux du poste s'étalent bien de 6131 à 6149.

Quel compte PCGM pour quelle facture ?

Réponse directe

Le compte dépend de la nature de la charge : 6111 pour des marchandises, 6131 pour un loyer, 61365 pour des honoraires, 61455 pour le téléphone, 61251 pour l'eau, l'électricité et le carburant, 61447 pour un cadeau client. La contrepartie est 4411 et 34552 — ou 4481 et 34551 s'il s'agit d'une immobilisation.

La table d'imputation maîtresse. Les lignes ci-dessous couvrent les charges les plus fréquentes d'un dossier PME marocain, avec le compte du CGNC, son libellé officiel, la TVA récupérable ou non, et le sort fiscal à l'IS.

Nature de la factureCompte PCGMLibellé officielTVA récupérable ?Déductible fiscalement ?
Marchandises revendues en l'état6111 / 6112Achats de marchandises « groupe A » / « groupe B »Oui, au taux du bien (20 % en général)Oui — art. 10-I-A
Matières premières6121Achats de matières premièresOuiOui
Matières et fournitures consommables6122Achats de matières et fournitures consommablesOui, 20 %Oui
Combustibles de production (fuel, gaz)61223Achats de combustiblesOui si utilisés comme combustibles, matières premières ou agents de fabrication (art. 106-I-4°)Oui
Produits d'entretien (stockés)61224Achats de produits d'entretienOui, 20 %Oui
Fournitures d'atelier et d'usine61225Achats de fournitures d'atelier et d'usineOui, 20 %Oui
Fournitures de bureau gérées en stock61227Achats de fournitures de bureauOui, 20 %Oui
Fournitures de bureau non stockées61254Achats de fournitures de bureauOui, 20 %Oui
Emballages6123Achats d'emballages (perdus / récupérables / mixtes)Oui, 20 %Oui
Eau61251Achats de fournitures non stockables (eau, électricité…)Oui — 10 % (art. 99-B-1°)Oui
Électricité61251Achats de fournitures non stockables (eau, électricité…)Oui — 20 % depuis le 1er janvier 2026 (art. 247-XXXXI-B ; beaucoup de logiciels sont restés à 14 %)Oui
Fournitures d'entretien non stockées61252Achats de fournitures d'entretienOui, 20 %Oui
Petit outillage / petit équipement61253Achats de petit outillage et petit équipementOui, 20 %Oui si le bien n'est pas durable (sinon classe 2 — voir plus bas)
Carburant / gasoil61251 (ou sous-compte créé)*Aucun compte « carburant » n'existe dans le CGNC* — usage dominant : 6125Non pour les voitures de tourisme ; jamais pour l'essence (art. 106-I-4°)Oui, en TTC
Sous-traitance, travaux, études, prestations6126Achats de travaux, études et prestations de servicesOui, 20 %Oui
Loyer d'un local nu à usage professionnel6131 (61312)Locations et charges locativesNon — hors champ (art. 89-I-10°-a), sauf local nu professionnel *acquis ou construit avec bénéfice du droit à déduction ou de l'exonération* : la location est alors imposable à 20 %Oui — art. 10-I-B
Loyer d'un local meublé ou équipé6131Locations et charges locativesOui, 20 %Oui
Location de matériel informatique61315Location de matériel informatiqueOui, 20 %Oui
Location de matériel de transport61316Location de matériel de transportSelon le véhicule : non pour une voiture de tourisme (art. 106-I-3°)Oui
Leasing de matériel / équipement61321Redevances de crédit-bail — mobilier et matérielOui, 20 %Oui
Leasing d'une voiture de tourisme6132Redevances de crédit-bailNon (art. 106-I-3°)Plafonné : la part correspondant à l'amortissement à 20 %/an sur la fraction du prix excédant 400 000 MAD TTC n'est pas déductible (art. 10-I-F-1°-b)
Entretien et réparations6133 (61331 immobiliers / 61332 mobiliers)Entretien et réparationsOui, 20 % — sauf voiture de tourisme : point non tranché, voir la section erreursOui si la dépense n'augmente pas la valeur du bien
Contrat de maintenance (informatique, ascenseur…)61335MaintenanceOui, 20 %Oui
Prime d'assurance6134 (61341 multirisque, 61343 risques d'exploitation, 61345 matériel de transport)Primes d'assurancesNon — les opérations d'assurance sont exonérées (art. 91) ; la taxe sur les contrats d'assurances figurant sur la quittance est un coûtOui — art. 10-I-B
Personnel intérimaire, détaché, occasionnel6135Rémunérations du personnel extérieur à l'entrepriseOui, 20 % (facture d'agence)Oui
Commissions et courtages61361Commissions et courtagesOui, 20 %Oui, si le service est réel et justifié
Honoraires (expert-comptable, avocat, notaire, conseil, architecte)61365HonorairesOui, 20 % — droit à déduction né dans le mois du paiement (art. 101-3°)Oui. À distinguer de la retenue à la source de 30 % (art. 73-II-G-1°), qui ne vise pas la facture d'un cabinet mais les rémunérations occasionnelles versées à des personnes physiques ne faisant pas partie du personnel permanent
Frais d'actes, honoraires de contentieux61367Frais d'actes et de contentieuxSelon la nature (droits d'enregistrement : hors champ)Oui
Redevances de brevets, marques, licences6137Redevances pour brevets, marques, droits et valeurs similairesOui, 20 %Oui
Documentation, abonnements professionnels61415 / 61416Documentation générale / Documentation techniqueSelon le régime du support (presse, livres : régime spécifique)Oui
Transport du personnel61421Transports du personnelOui — le transport collectif du personnel est une exception expresse à l'exclusion (art. 106-I-3°). Transport routier/urbain facturé : 10 % en 2026Oui
Transport sur achats61425Transports sur achatsOui — 10 % pour le transport routier de marchandises en 2026Oui
Transport sur ventes61426Transports sur ventesOui — idemOui
Billets d'avion, train, taxi, voyages61431Voyages et déplacementsNon (art. 106-I-6° ; la NC 717, tome 2, exclut le transport de personnes « quels que soient la voie et les moyens »)Oui, si engagée dans l'intérêt de l'exploitation et justifiée
Frais de mission61435MissionsNon (art. 106-I-6°)Oui, si justifiée
Hôtel, restaurant, réception client61436RéceptionsNon (art. 106-I-6°) → comptabiliser en TTCOui, si justifiée ; risque de requalification en libéralité (art. 11-IV)
Annonces et insertions publicitaires61441Annonces et insertionsOui, 20 % (annonce sur écran : droit de timbre de 5 %, art. 252-I-A)Oui
Échantillons, catalogues, imprimés publicitaires61442Échantillons, catalogues et imprimés publicitairesOui, 20 %Oui
Foires et expositions61443Foires et expositionsOui, 20 %Oui
Cadeaux à la clientèle61447Cadeaux à la clientèleNon (libéralité, art. 106-I-5°)Oui seulement si valeur unitaire ≤ 100 MAD et support portant la raison sociale, le nom, le sigle ou la marque (art. 10-I-B-1°). Sinon : réintégration totale
Frais postaux, coursier, express61451Frais postauxTimbres-poste : non. Coursier / transporteur express : oui, 20 %Oui
Téléphone61455Frais de téléphoneOui, 20 %Oui
Internet, abonnements SaaS, logiciels en ligne6145 → sous-compte à créer*Aucun compte CGNC dédié* (le texte de 1992 s'arrête à « télex et télégrammes »)Fournisseur marocain : 20 %. Fournisseur étranger sans représentant fiscal : autoliquidation par le client assujetti (art. 115)Oui. Attention : une licence perpétuelle significative est une immobilisation incorporelle, pas une charge
Cotisations professionnelles (ordre, CGEM, chambre)61461CotisationsNon / hors champOui, si liée à l'exploitation
Dons courants61462DonsNon (libéralité, art. 106-I-5°)Uniquement si le bénéficiaire figure dans la liste fermée de l'art. 10-I-B-2°, dans les plafonds prévus
Frais et commissions bancaires61473Frais et commissions sur services bancairesOui — 10 %, pas 20 % (opérations de banque et de crédit, art. 99-B-1°)Oui
Agios, intérêts bancaires63115Intérêts bancaires et sur opérations de financementOui — 10 %Oui (limites spécifiques pour les comptes courants d'associés)
Taxe professionnelle (ex-patente)61612*« Patente »* — libellé CGNC de 1992, à renommerHors champOui — art. 10-I-C
Taxe de services communaux / taxe d'habitation61611*« Taxe urbaine et taxe d'édilité »* — libellé de 1992Hors champOui — art. 10-I-C
Droits d'enregistrement et de timbre61671Droits d'enregistrement et de timbreHors champOui — art. 10-I-C
Vignette (taxe spéciale annuelle sur les véhicules)61673Taxes sur les véhiculesHors champOui
Salaires bruts61711Appointements et salairesOui — art. 10-I-D
Cotisations patronales CNSS61741Cotisations de sécurité socialeOui — art. 10-I-D
Amendes, pénalités et majorations fiscales ou pénales6583Pénalités et amendes fiscales ou pénalesNonNON DÉDUCTIBLE — art. 11-I
Pénalités contractuelles (retard de livraison, dédit)6581Pénalités sur marchés et déditsNonOui — l'art. 11-I ne vise que les infractions aux dispositions législatives ou réglementaires
IS et cotisation minimale6701 / 6705Impôts sur les bénéfices / Imposition minimale annuelle des sociétésNON DÉDUCTIBLE — art. 10-I-C

Trois pièges de lecture de cette table.

  1. « Fournitures de bureau » existe deux fois : 61227 si l'achat transite par un compte de stock, 61254 s'il est consommé directement. Ce n'est pas une redondance du CGNC, c'est une distinction de gestion des stocks.
  2. Le compte est bon, le libellé peut être périmé. 61611 « Taxe urbaine et taxe d'édilité » et 61612 « Patente » sont les libellés de 1992 : ces impôts s'appellent aujourd'hui taxe d'habitation, taxe de services communaux et taxe professionnelle (loi n° 47-06, en vigueur depuis 2008). Les numéros restent valides. Renommez les libellés dans le paramétrage du dossier, ne changez pas les numéros.
  3. Les points marqués « aucun compte dédié » ne sont pas des oublis de notre part : le CGNC de 1992 ne connaît ni le carburant, ni Internet, ni la formation. Voir plus bas comment traiter proprement ces cas.

Charge (classe 6) ou immobilisation (classe 2) : comment trancher ?

Réponse directe

Le critère est la durabilité, pas le montant. Le CGNC définit les immobilisations comme « les biens et valeurs destinés à rester durablement dans l'entreprise », et précise : « En principe, l'expression durablement signifie une durée supérieure à douze mois. » La note circulaire 717 y ajoute un test à trois branches.

Charge (classe 6) ou immobilisation (classe 2) : comment trancher au Maroc

Le test de la NC 717 (tome 1, p. 125), à appliquer à chaque cas douteux. Ne constituent pas des charges déductibles :

  • les dépenses qui ont pour résultat l'entrée d'un nouvel élément dans l'actif ;
  • les dépenses qui entraînent une augmentation de la valeur d'un élément de l'actif immobilisé ;
  • les dépenses qui ont pour effet de prolonger la durée probable d'utilisation d'un élément de l'actif immobilisé.

Symétriquement : « Les charges engagées ayant pour effet de maintenir (entretien) ou de remettre en état normal d'utilisation (réparations) les immobilisations, sans en augmenter la valeur, constituent des charges d'exploitation. » La révision d'un moteur est une charge (6133). Un moteur neuf qui prolonge la vie du véhicule est une immobilisation.

CritèreCharge (classe 6)Immobilisation (classe 2)
Durée d'utilisation (CGNC, classe 2)Consommée dans l'exercice / le cycle d'exploitationDestinée à servir durablement — en principe plus de 12 mois
Entrée d'un nouvel actif (NC 717, tome 1, p. 125)NonOui
Augmentation de la valeur du bien existantNonOui
Prolongation de la durée d'utilisationNon (entretien, réparation)Oui
Compte de TVA34552 État – TVA récupérable sur les charges34551 État – TVA récupérable sur les immobilisations
Compte de tiers4411 Fournisseurs4481 Dettes sur acquisition d'immobilisations
Exemples typiquesRamettes de papier (61254), cartouches d'encre, révision d'un véhicule (6133), petit matériel consommable, pièces détachées non identifiables de faible valeur (61225)Ordinateur portable (2355), imprimante professionnelle (2352), bureau et fauteuils (2351), véhicule (2340), climatisation fixe d'un local dont l'entreprise est propriétaire (2327 Agencements et aménagements des constructions — le 2356 est réservé aux aménagements de biens n'appartenant pas à l'entreprise), machine (2332), logiciel acquis durablement (2220)

Une erreur d'arbitrage produit trois écritures fausses, pas une. Le compte de charge ou d'immobilisation, le compte de TVA (34551 ou 34552) et le compte de tiers (4411 ou 4481) changent en même temps — plus un amortissement fantôme ou manquant. C'est ce qui rend cette décision structurante.

La seule tolérance « faible valeur » écrite dans un texte fiscal marocain est étroite. La NC 717 (tome 1, p. 129), à propos des fournitures d'atelier et d'usine (compte 61225), précise que celles-ci comprennent « les pièces détachées non identifiables et de faible valeur que la société n'est pas obligée d'immobiliser dès lors qu'ils n'augmentent pas la valeur des biens réparés ou entretenus » [sic]. Aucun montant n'est donné, et la portée ne dépasse pas les pièces détachées.

Les taux d'amortissement à connaître — barème DGI, NC 717, tome 1, page 153. Réserve importante : le CGI (art. 10-I-F-1°-b) dispose que « la déduction des dotations aux amortissements est effectuée dans les limites des taux admis d'après les usages de chaque profession, industrie ou branche d'activité ». Il n'existe donc pas de barème d'amortissement ayant force de loi au Maroc. Le tableau ci-dessous est celui des « taux les plus couramment utilisés » publié par la DGI : c'est de la doctrine administrative, opposable en pratique, pas une norme légale. Le taux réellement retenu doit correspondre à la durée prévisionnelle d'utilisation (loi n° 9-88, art. 14).

Nature du bienCompte ou poste PCGMTaux admis (NC 717, tome 1, p. 153)
Immeuble à usage d'habitation ou commercial2321 Bâtiments4 %
Immeubles industriels construits en dur23211 Bâtiments industriels5 %
Constructions légères2328 Autres constructions10 %
Matériel, agencements et installations2332 Matériel et outillage / 2331 Installations techniques / 2327 Agencements des constructions10 % à 15 %
Gros matériel informatique2355 Matériel informatique10 % à 20 %
Matériel informatique, périphérique et programmes2355 Matériel informatique20 % à 25 %
Mobilier et logiciels2351 Mobilier de bureau / 2220 Brevets, marques, droits et valeurs similaires20 %
Matériel roulant2340 Matériel de transport20 % à 25 %
Outillage de faible valeur2332 Matériel et outillage30 %
Immobilisations en non-valeurs2111 et suivants (frais préliminaires) / 2121 et suivants (charges à répartir) / 213020 % par an sur 5 ans, à taux constant, dès l'exercice de constatation — c'est une règle légale : art. 10-I-F-1°-a
Véhicule de transport de personnes2340 Matériel de transportMinimum 20 % par an, valeur fiscalement déductible plafonnée à 400 000 MAD TTC par véhicule, répartie sur 5 ans à parts égales (art. 10-I-F-1°-b)

Deux alertes sur ce tableau, à connaître avant de discuter avec un confrère.

  • Une majorité de sites marocains publient « mobilier de bureau 10 % » et « matériel informatique 15 % ». Ces chiffres ne figurent pas dans la NC 717, qui dit mobilier 20 % et matériel informatique 20 à 25 %. Ces tableaux fautifs semblent recopiés d'anciens usages étrangers.
  • Le plafond des véhicules de tourisme est de 400 000 MAD TTC depuis la loi de finances 2025 (loi n° 60-24), pour les véhicules acquis — directement ou en crédit-bail — à compter du 1er janvier 2025. Toute source qui affiche encore 300 000 MAD en 2026 est périmée — y compris la NC 717 elle-même, qui date de 2011. La déduction maximale est donc de 80 000 MAD par an. Sont exclus de ce plafond : le transport public, le transport collectif du personnel et le transport scolaire, les sociétés de location de voitures, les ambulances, et les locations d'une durée n'excédant pas 3 mois non renouvelable.

Deux règles-couperets à ne jamais oublier. L'amortissement dégressif est possible sur option irrévocable, dès la première année, pour les biens d'équipement — à l'exclusion des immeubles et des véhicules de transport de personnes — avec des coefficients de 1,5 (durée de 3 ou 4 ans), 2 (5 ou 6 ans) ou 3 (plus de 6 ans) appliqués au taux linéaire (art. 10-III-C-1°). Et surtout : « La société qui n'inscrit pas en comptabilité la dotation aux amortissements se rapportant à un exercice comptable déterminé perd le droit de déduire ladite dotation du résultat dudit exercice ET des exercices suivants » (art. 10-I-F-1°-b). Une annuité oubliée est perdue à jamais.

Le régime fiscal complet des amortissements (base, point de départ, dégressif, réintégrations, plus-values de cession) est traité dans le guide de l'impôt sur les sociétés.

Le seuil de 5 000 MAD pour passer un bien en charge existe-t-il vraiment ?

Réponse directe

Non. Il n'existe aucun seuil chiffré, ni dans le CGNC, ni dans la loi 9-88, ni dans le CGI, ni dans la note circulaire 717, autorisant à passer un bien durable en charge au motif que sa valeur est inférieure à un montant donné. Les 5 000 MAD du CGI sont un plafond de règlement en espèces.

C'est probablement l'idée fausse la plus répandue de la comptabilité marocaine, et elle vient d'une confusion entre deux règles qui n'ont aucun rapport entre elles.

Ce que beaucoup croientCe que disent réellement les textes
« En dessous de 5 000 MAD, on peut passer en charge »Aucun texte ne le dit. Le critère de classement est la durabilité (plus de 12 mois, hors cycle d'exploitation) et le test de la NC 717. Un bien durable de 3 000 MAD passé en charge reste juridiquement réintégrable
Art. 11-II du CGI : ne sont déductibles « que dans la limite de cinq mille (5.000) dirhams par jour et par fournisseur sans dépasser cinquante mille (50.000) dirhams par mois et par fournisseur » les charges dont le règlement n'est pas justifié par chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de paiement, virement bancaire, procédé électronique ou compensation
Art. 106-II du CGI : même plafond, en miroir, pour le droit à déduction de la TVA

Le seuil de 5 000 MAD est un plafond de mode de règlement, pas un seuil d'immobilisation.

Trois prolongements de cette règle sur les espèces, souvent manqués :

  • Le renvoi de l'article 11-II vise l'article 10 (I-A, B et E) : achats, autres charges externes, autres charges d'exploitation. Les charges de personnel (I-D) et les impôts et taxes (I-C) ne sont pas visés par la limite espèces.
  • La règle frappe aussi les amortissements : « ne sont pas déductibles les dotations aux amortissements relatives aux immobilisations acquises dans les conditions visées à l'alinéa ci-dessus ». Une immobilisation payée en espèces au-delà du seuil est sanctionnée pendant cinq ans.
  • Toute facture réglée en espèces supporte par ailleurs le droit de timbre de quittance de 0,25 % (art. 252-I-B), à imputer en 61671 — avec dispense notamment pour les stations-service.

Et le seuil interne de 500 à 1 000 MAD que certains cabinets appliquent ? C'est une politique comptable, pas une règle de droit. Elle est tolérable si elle est (a) écrite dans le manuel d'organisation comptable du dossier, (b) appliquée de façon permanente (principe de permanence des méthodes), et (c) d'incidence non significative au regard de l'image fidèle. Elle n'est pas opposable de plein droit à l'administration. Ne la présentez jamais à un client comme « la règle des 5 000 dirhams » : elle n'existe pas.

Sur quel compte imputer la TVA : 34551, 34552, 4455 ou 4456 ?

Réponse directe

La TVA déductible s'impute en 34551 pour les immobilisations et 34552 pour les charges ; la TVA collectée en 4455, le solde en 4456 ou en 3456 en cas de crédit. Mais l'article 106-I du CGI exclut du droit à déduction des dépenses dont la nature n'est pas lisible sur la facture.

Les comptes, d'abord (tous confirmés par le CGNC) :

  • 34551 État – TVA récupérable sur les immobilisations
  • 34552 État – TVA récupérable sur les charges
  • 4455 État – TVA facturée (la TVA collectée)
  • 4456 État – TVA due (suivant déclarations)
  • 3456 État – Crédit de TVA (suivant déclarations)

L'écriture-type d'un achat marocain, facture de 1 000 MAD HT à 20 % : débit 6111 pour 1 000,00 ; débit 34552 pour 200,00 ; crédit 4411 pour 1 200,00.

Les exclusions du droit à déduction — article 106-I du CGI. N'ouvre pas droit à déduction la taxe ayant grevé :

  • les biens, produits, matières et services non utilisés pour les besoins de l'exploitation ;
  • les immeubles et locaux non liés à l'exploitation ;
  • les véhicules de transport de personnes, sauf transport public ou transport collectif du personnel ;
  • les produits pétroliers non utilisés comme combustibles, matières premières ou agents de fabrication — trois exceptions limitatives pour le gasoil (transport collectif routier de personnes et de marchandises ; transport routier de marchandises effectué par l'assujetti pour son compte et par ses propres moyens ; transport ferroviaire) et une pour le gasoil et le kérosène du transport aérien. L'essence n'est jamais déductible : le texte ne prévoit aucune exception ;
  • les achats et prestations revêtant un caractère de libéralité (cadeaux, dons) ;
  • les frais de mission, de réception ou de représentation ;
  • les achats non justifiés par des factures conformes à l'article 146.

(Les 7° et 8° ne concernent pas les charges courantes d'un dossier PME.)

Le mécanisme de la déclaration, le prorata de déduction, les régularisations et l'export SIMPL-TVA sont traités dans le guide dédié : la déclaration de TVA au Maroc. Deux règles de date suffisent au moment d'imputer : le droit à déduction naît dans le mois du paiement de la facture, partiel ou intégral (art. 101-3°) — une TVA déduite avant paiement est un rappel — et il « doit s'exercer dans un délai n'excédant pas une année ».

Le point à retenir pour l'imputation : aucune de ces informations n'est lisible sur la facture. Ni l'affectation réelle du bien, ni la nature exacte du véhicule, ni le caractère de libéralité, ni le mode de règlement. C'est pourquoi la TVA récupérable ne se déduit jamais mécaniquement du taux inscrit sur la pièce.

Quels comptes pour les salaires, la CNSS et l'IR retenu à la source ?

Réponse directe

La charge brute de personnel s'impute au poste 617, les cotisations patronales en 6174x. Au passif, le net à payer va en 4432, la CNSS en 4441 et l'IR retenu en 4452. Le bulletin de paie n'est pas une facture : il se déverse par une écriture de paie, pas par imputation pièce à pièce.

NatureCompte PCGMLibellé officielSens
Salaires bruts61711Appointements et salairesDébit (charge)
Primes et gratifications61712Primes et gratificationsDébit
Indemnités et avantages en nature61713Indemnités et avantages diversDébit
Rémunération des dirigeants61715Rémunération des administrateurs, gérants et associésDébit
Cotisations patronales CNSS61741Cotisations de sécurité socialeDébit
Retraite (CIMR), mutuelles, prestations familiales, AT61742 / 61743 / 61744 / 61745Cotisations aux caisses de retraite / aux mutuelles / Prestations familiales / Assurances accidents de travailDébit
Médecine du travail, assurance groupe, indemnités de licenciement6176Charges sociales diversesDébit
Net à payer au personnel4432Rémunérations dues au personnelCrédit
CNSS à payer4441Caisse Nationale de Sécurité SocialeCrédit
IR salarial retenu à la source4452État – Impôts, taxes et assimilésCrédit
Charges de personnel à payer (clôture)4437Charges du personnel à payerCrédit
Charges sociales à payer (clôture)4447Charges sociales à payerCrédit

Deux avertissements de rigueur. Les taux de cotisation CNSS 2026 circulent abondamment sur les sites de paie, mais nous ne les publions pas ici : nos sources sur ce point sont secondaires et doivent être confirmées sur le portail de la CNSS avant tout paramétrage. Et la taxe de formation professionnelle (TFP) prélevée par la CNSS ne doit pas être confondue avec les frais de formation facturés par un organisme : la première va en charges sociales (6174x), les seconds sont une charge externe.

L'assiette des cotisations, les plafonds, la télédéclaration et le paiement passent par un circuit propre : voir la déclaration CNSS et Damancom. Le barème de l'IR, les abattements et la retenue à la source sont traités dans le guide de l'impôt sur le revenu.

Où s'imputent l'IS, la cotisation minimale et les acomptes ?

Réponse directe

La charge d'IS s'impute en 6701, la cotisation minimale en 6705, les rappels et dégrèvements en 6708. Les acomptes versés en cours d'exercice vont au débit du compte 3453, et la dette d'impôt au crédit du compte 4453. Ni l'IS ni la cotisation minimale ne sont déductibles du résultat fiscal.

NatureCompte PCGMLibellé officiel
Charge d'impôt sur les sociétés6701Impôts sur les bénéfices
Cotisation minimale6705Imposition minimale annuelle des sociétés
Rappels et dégrèvements d'impôts sur les résultats6708Rappels et dégrèvements des impôts sur les résultats
Acomptes provisionnels versés3453Acomptes sur impôts sur les résultats *(actif circulant)*
Impôt restant dû4453État – Impôts sur les résultats *(passif circulant)*

La règle fiscale à ne jamais perdre de vue : l'IS n'est pas une charge déductible (art. 10-I-C, qui admet « les impôts et taxes à la charge de la société… à l'exception de l'impôt sur les sociétés »). Il en va de même de la contribution sociale de solidarité et de la contribution d'appui à la cohésion sociale, non déductibles au titre de l'article 11-IV. Ces montants sont comptabilisés — la comptabilité suit le CGNC — puis réintégrés extra-comptablement au tableau de passage du résultat comptable au résultat fiscal. La NC 717 le formule très bien : « Rien n'interdit aux sociétés de constater en comptabilité des charges dont la déduction est refusée par la loi fiscale, mais en pareil cas, le montant des charges non déductibles doit être rapporté aux bénéfices imposables de façon extra-comptable. » On ne modifie pas l'écriture pour l'aligner sur la règle fiscale : le désaccord se règle au tableau de passage.

Les taux, la cotisation minimale, le calendrier des acomptes et le calcul du résultat fiscal sont détaillés dans le guide de l'impôt sur les sociétés.

Que faire quand le PCGM ne prévoit aucun compte (carburant, internet, formation) ?

Réponse directe

Le CGNC autorise expressément l'entreprise à créer les subdivisions nécessaires : « Lorsque les comptes prévus par le PCGE ne suffisent pas à l'entreprise pour enregistrer distinctement toutes ses opérations, elle peut ouvrir toutes subdivisions nécessaires. » Le sous-compte créé est un usage du cabinet, jamais une norme — il doit être documenté.

Le PCGE date de 1992. Il ignore donc, structurellement, plusieurs charges devenues quotidiennes. Voici les quatre cas les plus fréquents, et la manière honnête de les traiter.

ChargeCe que dit (ou ne dit pas) le CGNCTraitement défendable
Carburant / gasoilAucun compte « carburant » n'existe dans le PCGM.Usage dominant au Maroc : 61251 Achats de fournitures non stockables, ou un sous-compte créé sous 6125. Certains cabinets ouvrent 61255. Ne jamais présenter un numéro comme normalisé.
Internet, abonnements SaaS, logiciels en ligneLe poste 6145 s'arrête à « télex et télégrammes ».Sous-compte créé sous 6145 (frais de télécommunications), ou 61335 Maintenance pour la maintenance logicielle. Une licence perpétuelle significative relève, elle, de 2220.
Frais de formation du personnelAucun compte dédié.Sous-compte créé dans le poste 613/614, ou 61365 Honoraires si la prestation est facturée par un consultant. TVA : 20 % chez un organisme classique, mais un établissement d'enseignement privé est exonéré sans droit à déduction (art. 91).
Crédit-bail immobilierLe CGNC ne comporte que 61321 « Redevances de crédit-bail — mobilier et matériel ». Le « 61322 immobilier » circule dans les plans commentés mais ne figure pas dans le texte du CGNC que nous avons dépouillé.Créer un sous-compte sous 6132.

Trois obligations qui vont avec cette liberté :

  • Documenter. Le manuel d'organisation comptable est obligatoire dès que le chiffre d'affaires dépasse 10 000 000 MAD (loi n° 9-88, art. 4). C'est là que doivent figurer les comptes créés, avec leur définition.
  • Rester permanent. Un dossier qui impute le carburant en 6125 une année et en 6142 l'année suivante fabrique lui-même son incohérence.
  • Regrouper, oui ; créer un niveau au-dessus du compte principal, non. Le CGNC autorise l'opération inverse de la subdivision : « si les comptes prévus par le PCGE sont trop détaillés par rapport aux besoins de l'entreprise, celle-ci peut les regrouper dans un compte global de même niveau, plus contracté ». Le regroupement se fait donc à niveau constant : il ne dispense jamais d'imputer au compte principal.

Et un compte que l'on croit souvent anormal parce que les extractions PDF du plan le restituent mal : 6165 Impôts et taxes indirects, poste 616, à ne pas confondre avec 6161 Impôts et taxes directs (61611, 61612, 61615).

Comment rattacher une facture au bon exercice ?

Réponse directe

Le principe de spécialisation des exercices impose de rattacher les charges à l'exercice au cours duquel elles ont été engagées, sans tenir compte de la date de paiement. À la clôture, une facture non parvenue s'impute en 4417 et une charge payée d'avance en 3491. Ne jamais créditer 4491 pour une charge à payer.

Le CGNC (principe fondamental E) est explicite : « les charges et les produits doivent être rattachés à l'exercice qui les concerne effectivement et à celui-là seulement. […] les charges [sont comptabilisées] au fur et à mesure qu'elles sont engagées, sans tenir compte des dates de leur encaissement ou de leur paiement ». La NC 717 ajoute : « Les achats à prendre en considération sont ceux qui ont donné lieu à une réception au cours de l'exercice, même si la facture n'a pas encore été reçue ou le prix pas encore payé. »

Situation à la clôtureCompteLibellé officiel
Marchandise reçue, facture non parvenue4417Fournisseurs – factures non parvenues
Prime d'assurance, loyer, abonnement couvrant l'exercice suivant3491Charges constatées d'avance
Salaires, primes, congés dus non encore payés4437Charges du personnel à payer
Cotisations sociales dues non encore payées4447Charges sociales à payer
Impôts et taxes dus non encore payés4457État – Impôts et taxes à payer
Prestation facturée d'avance à un client4491Produits constatés d'avance

Le piège du 4491. Le commentaire de la classe 6 du CGNC évoque le rattachement des charges à payer « par l'intermédiaire d'un compte de régularisation passif (4491) ». Cette mention est trompeuse : la nomenclature du PCGE donne sans ambiguïté 4491 = Produits constatés d'avance. Les charges à payer s'imputent aux comptes rattachés — 4417, 4437, 4447, 4457. Ne créditez jamais 4491 pour une charge à payer.

Les comptes qui trahissent l'erreur. Un solde non nul sur 6118, 6128, 6148, 6168 ou 6318 (« … des exercices antérieurs ») est un aveu comptable lisible par tout vérificateur. Le coût est asymétrique : la charge de N comptabilisée en N+1 est réintégrée en N+1, et la déduction correspondante sur N n'est possible que si N n'est pas prescrit — l'administration pouvant réparer « jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle de la clôture » (art. 232-I). Passé ce délai, la charge est perdue.

Quelles erreurs d'imputation coûtent le plus cher en contrôle fiscal ?

Réponse directe

Les plus coûteuses ne sont pas les plus visibles. Une immobilisation passée en charge fait perdre à la fois la charge et les annuités d'amortissement écoulées. Une TVA récupérée à tort sur du gasoil ou des frais de réception est un rappel avec majoration de 30 %. Et une erreur répétée peut faire rejeter la comptabilité.

ErreurConséquenceComment l'éviter
Immobilisation passée en charge (6xxx au lieu de 2xxx)Réintégration de la charge et perte des annuités écoulées : « les amortissements normaux sont pratiqués à partir de l'exercice qui suit la date de la régularisation » (art. 10-I-F-1°, dernier alinéa). C'est le seul cas où une simple erreur de compte coûte plus cher qu'une fraudeAppliquer le test de la NC 717 (nouvel actif ? augmentation de valeur ? prolongation de durée ?) à chaque facture qui pose question, et tracer l'arbitrage
TVA récupérée sur le gasoil d'une voiture de tourismeRappel de TVA + majoration de 30 % (art. 186-A, contribuables soumis à la TVA) + pénalité de l'art. 208. L'essence n'est jamais déductibleParamétrer le compte carburant en TVA non récupérable par défaut. Réserver la déduction aux cas de l'art. 106-I-4°, et déposer l'état descriptif avant le 1er février de chaque année (volume et montant des achats de gasoil, kilométrage)
TVA récupérée sur hôtel, restaurant, mission, réceptionRappel de TVA (art. 106-I-6°). La NC 717, tome 2, exclut aussi le transport de personnes, « quels que soient la voie et les moyens utilisés »Comptabiliser les comptes 6143x en TTC. Verrouiller le taux de TVA à zéro sur ces comptes dans le logiciel
Facture réglée en espèces au-delà de 5 000 MAD/jour/fournisseurCharge non déductible pour l'excédent (art. 11-II), TVA non déductible (art. 106-II), et amortissement non déductible si c'est une immobilisation. Amende de 6 % (art. 193) sur les transactions ≥ 20 000 MAD — mais à la charge de l'entreprise venderesse vérifiée, pas de l'acheteurContrôler le mode de règlement avant d'imputer : c'est une mention obligatoire de la facture (art. 145-III-7°). Une facture qui porte « réglée en espèces » se dénonce elle-même
Charges personnelles du dirigeant imputées en 6143x / 61447 / 61345Libéralité : réintégration à 100 % (art. 11-IV) + rappel de TVA + retenue à la source sur distribution occulte (art. 13-VII). Conséquences chiffrées et régime IS : voir le guide de l'impôt sur les sociétésImputer en 3463 Comptes courants des associés – débiteurs ou en compte de rémunération. Ne jamais « ranger » une dépense privée dans un compte de charge plausible
Facture non conforme (ICE du client, IF, n° d'article de taxe professionnelle manquants)En IS : réintégration (art. 11-III) — mais rattrapable : elle « ne devient définitive que si le contribuable ne parvient pas à compléter ses factures » au cours de la procédure. En TVA : non déductible (art. 106-I-9°), sans clause de rattrapage. C'est la vraie sanctionContrôler les mentions de l'article 145-III à la réception de la pièce, pas à la clôture. À noter : le numéro de RC n'est pas exigé par l'article 145 — il relève du droit commercial
Charge d'un exercice antérieur imputée en 6148 / 6128 / 6168Réintégration sur l'exercice contrôlé, sans déduction symétrique sur l'exercice d'origine s'il est prescrit (art. 232 : 4 ans)Utiliser 4417 et 3491 à la clôture. Surveiller les soldes des comptes « … des exercices antérieurs »
Amende ou majoration de retard passée en charge déductibleRéintégration (art. 11-I : « amendes, pénalités et majorations de toute nature… pour infractions aux dispositions législatives ou réglementaires »). Exception : les indemnités de retard de la loi n° 32-10 (délais de paiement) restent déductiblesIsoler systématiquement en 6583 et réintégrer extra-comptablement. Les pénalités contractuelles (6581) restent, elles, déductibles
Provision pour créance douteuse constituée sans recours judiciaireLes comptes sont bons (reclassement en 3424 Clients douteux ou litigieux, dotation en 61964, dépréciation en 3942) mais la charge est réintégrée : « la déductibilité de la provision pour créances douteuses est conditionnée par l'introduction d'un recours judiciaire dans un délai de douze (12) mois suivant celui de sa constitution » (art. 10-I-F-2°). Une provision irrégulière est réintégrée dans l'exercice où elle a été portée à tort, quelle que soit sa date de constitution, dès lors qu'elle est constatée dans les écritures d'un exercice non prescritReclasser la créance en 3424 et engager le recours dans les 12 mois, ou ne pas déduire. Le régime fiscal complet des provisions relève de l'IS : voir le guide de l'impôt sur les sociétés
Cadeau client > 100 MAD ou sans logoLibéralité : réintégration totale de la charge (art. 11-IV) — pas seulement de la fraction excédentaire — et TVA exclue (art. 106-I-5°)Contrôler les deux conditions cumulatives de l'art. 10-I-B-1° : valeur unitaire ≤ 100 MAD et support portant la raison sociale, le nom, le sigle ou la marque
Erreurs d'imputation répétées (une règle fournisseur fausse répliquée sur 12 mois)Rejet de comptabilité : l'art. 213-I-4° vise « les erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées » → reconstitution du chiffre d'affaires par l'administrationRevoir les imputations automatiques. L'automatisation sans revue n'accélère pas la saisie : elle industrialise l'erreur

Trois contre-vérités qui circulent, et qu'il faut corriger. « Espèces au-delà de 10 000 MAD : réintégration de 50 % » — faux depuis les lois de finances 2016 et 2019 ; la règle est le plafond de 5 000/50 000 MAD et la réintégration de l'excédent est de 100 %. « L'acheteur paie l'amende de 6 % » — faux : l'article 193 la met à la charge de l'entreprise venderesse vérifiée. « Amortissement des voitures plafonné à 300 000 MAD » — faux : 400 000 MAD TTC depuis la LF 2025.

Points que nous ne tranchons pas, parce que les textes ne les tranchent pas. (1) La TVA sur l'entretien et la réparation d'une voiture de tourisme dont l'acquisition est exclue du droit à déduction : la NC 717 accorde explicitement cette déduction aux entreprises pour lesquelles le véhicule est un moyen d'exploitation (auto-écoles, loueurs) mais ne dit pas expressément que l'entretien d'une voiture de tourisme ordinaire est exclu ; la pratique dominante des vérificateurs est le rejet. (2) Les 100 MAD du cadeau publicitaire : le CGI dit « valeur unitaire maximale de cent (100) dirhams » sans préciser HT ou TTC ; la pratique retient le TTC. (3) La TVA sur un cadeau publicitaire conforme (≤ 100 MAD + logo) : le texte de l'art. 106-I-5° ne prévoit aucune exception explicite ; la position dominante est la non-récupération, mais ce n'est pas écrit.

Comment automatiser l'imputation au cabinet ?

Réponse directe

L'OCR lit une facture, il ne l'impute pas. La chaîne réelle est : capture, extraction des champs, identification du fournisseur, proposition d'imputation apprise, puis validation humaine. Ce dernier maillon n'est pas optionnel : l'expert-comptable « assume dans tous les cas la responsabilité de ses travaux » (loi n° 15-89, art. 13).

Imputation automatique : de l'OCR de la facture au compte PCGM

La chaîne, sans marketing.

  1. Capture — la facture arrive par mail, scan, WhatsApp ou flux électronique.
  2. OCR / extraction — le moteur lit des champs : fournisseur, ICE, IF, date, numéro, HT, TVA, TTC. Il ne choisit aucun compte. C'est une couche de lecture, pas de décision.
  3. Identification du fournisseur — rapprochement avec le référentiel tiers du dossier. C'est l'étape la plus sous-estimée : un référentiel mal tenu (« SARL X », « X SARL », deux ICE) fragmente l'apprentissage et casse tout ce qui suit.
  4. Proposition d'imputation — compte de charge ou d'immobilisation, compte de TVA, compte de tiers. Trois mécanismes coexistent, et il faut les distinguer : la règle fournisseur (déterministe : « toute facture de ce fournisseur va en 61455 »), l'apprentissage sur l'historique du dossier, et la suggestion par modèle de langage. Dans les systèmes matures, la règle fournisseur est prioritaire sur le modèle — l'IA ne traite que ce que la règle ne couvre pas, c'est-à-dire la longue traîne, pas le cœur du volume.
  5. Validation humaine — le comptable confirme ou corrige, et la correction devient la règle du prochain mois.

Ce que l'automatisation ne peut pas trancher seule. Ce n'est pas une limite de technologie, c'est une limite d'information : aucun modèle ne peut extraire une donnée qui n'est pas sur le document.

  • L'arbitrage charge / immobilisation. L'écran affiche « imprimante, 4 200 MAD ». La facture ne dit pas si l'entreprise compte la garder trois ans ou la revendre dans six mois. L'information manquante n'est pas sur la pièce : c'est une intention de gestion.
  • Les charges mixtes. La quote-part professionnelle d'un abonnement, d'un véhicule ou d'un local n'est écrite nulle part sur la pièce.
  • La déductibilité de la TVA. L'article 106-I dépend de l'usage réel du bien, de la nature du véhicule, du caractère de libéralité — et l'article 106-II dépend du mode de règlement, qui n'est connu qu'au rapprochement bancaire.
  • Le cut-off. La période couverte par une prime d'assurance ou un abonnement est souvent absente ou mal formatée.
  • Le démarrage à froid. Un nouveau dossier n'est pas automatisé : le modèle a besoin d'observer des imputations humaines avant de proposer quoi que ce soit. Aucun éditeur ne publie le nombre de pièces nécessaires.

Les chiffres, honnêtement. Il n'existe aucune étude marocaine publiée par l'OEC ou la DGI sur le taux d'automatisation de la saisie — le dire vaut mieux que d'inventer un pourcentage. Les seuls repères disponibles sont étrangers et de valeur inégale : un éditeur français revendique 80 % de bonnes imputations suggérées par son IA (chiffre auto-déclaré, non audité — ce qui implique mécaniquement une facture sur cinq mal imputée si personne ne relit) ; l'état de l'art académique sur la mise en correspondance de comptes plafonne à 67 % d'exactitude (TopoLedgerBERT, 2024) ; et la meilleure mesure indépendante disponible (Ardent Partners, 212 répondants, périmètre américain, directions comptables d'entreprises et non cabinets) constate 32,6 % de factures traitées sans intervention humaine. Aucun de ces chiffres ne justifie de supprimer la relecture.

La facturation électronique ne changera pas cette conclusion. Elle supprimera l'OCR — la donnée deviendra native et fiable — mais elle ne choisira pas le compte, ne tranchera pas l'arbitrage charge/immobilisation et ne résoudra pas l'article 106. La preuve est italienne : l'administration fiscale y pré-remplit les registres de TVA à partir des factures électroniques depuis 2021, et parce que la facture ne contient pas le pourcentage de déductibilité, ces brouillons présupposent une déductibilité totale que le professionnel doit corriger lui-même. Cinq ans après, l'administration pré-remplit, mais elle n'impute pas. L'e-facturation déplace le travail du comptable de la saisie vers le contrôle et l'arbitrage ; elle ne le supprime pas. Sur l'état du droit marocain en la matière (décret d'application non publié à ce jour), voir la facturation électronique au Maroc.

La responsabilité, enfin, ne se délègue pas à un logiciel. La loi n° 15-89, article 13 : « Quel que soit le mode d'exercice de leur profession, les experts comptables assument dans tous les cas la responsabilité de leurs travaux. » Et le risque n'est pas théorique : une règle d'imputation fausse répliquée automatiquement sur douze mois tombe précisément sous la qualification de l'article 213-I-4° du CGI — « erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées » — qui autorise le rejet de la comptabilité.

Transparence : nous éditons un logiciel de comptabilité, et le modèle décrit ci-dessus est celui que nous appliquons — le compte PCGM est proposé, jamais imposé ; c'est le comptable qui valide, et sa correction met à jour la règle. Nous ne prétendons pas supprimer la relecture, parce qu'aucun des chiffres cités plus haut ne le permettrait. Pour comparer les approches du marché, voir notre guide des logiciels de comptabilité pour cabinet.

Automatisez l’imputation, gardez le contrôle

GZLevel lit la facture (OCR), reconnaît le fournisseur, propose le compte PCGM appris sur vos écritures — et vous laisse valider. L’arbitrage charge/immobilisation et les cas mixtes restent entre vos mains : c’est vous le comptable.

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Questions fréquentes sur l’imputation comptable au Maroc

Quel compte pour le carburant, le loyer, les honoraires, les amendes ? Les réponses courtes, compte par compte.

Quel compte pour le carburant ?

Aucun compte « carburant » n'existe dans le PCGM. L'usage dominant au Maroc est le 61251 (Achats de fournitures non stockables), ou un sous-compte créé sous 6125. Point capital : la TVA sur le gasoil d'une voiture de tourisme n'est pas récupérable (art. 106-I-4°), et l'essence n'est jamais déductible — le texte ne prévoit aucune exception pour elle. La charge, elle, reste déductible en TTC.

Quel compte pour les honoraires de l'expert-comptable ou de l'avocat ?

Compte 61365 Honoraires, sous le compte principal 6136 Rémunérations d'intermédiaires et honoraires. TVA de 20 % récupérable, mais le droit à déduction ne naît que dans le mois du paiement de la facture (art. 101-3°). À distinguer de la retenue à la source de 30 % (art. 73-II-G-1°) : elle ne vise pas la facture d'un cabinet, mais les rémunérations occasionnelles versées à des personnes physiques ne faisant pas partie du personnel permanent.

Quel compte pour le loyer d'un local professionnel ?

Compte 6131 Locations et charges locatives (61312 pour les constructions). Le point sensible est la TVA : la location d'un local nu à usage professionnel est en principe hors champ (art. 89-I-10°-a), donc aucune TVA à récupérer. Exception : si le local nu a été acquis ou construit avec bénéfice du droit à déduction ou de l'exonération, la location devient imposable à 20 %. La location d'un local meublé ou équipé est, elle, toujours soumise à la TVA de 20 %, récupérable.

Quel compte pour la facture d'électricité et d'eau ?

Les deux vont en 61251 (Achats de fournitures non stockables : eau, électricité…). Les taux diffèrent : l'eau et l'assainissement sont à 10 %, mais l'électricité est passée à 20 % au 1er janvier 2026 (art. 247-XXXXI-B, après 16 % en 2024 et 18 % en 2025). Beaucoup de logiciels sont restés paramétrés à 14 % : c'est une erreur à corriger.

Quel compte pour le téléphone et l'abonnement internet ?

Le téléphone va en 61455 Frais de téléphone, TVA 20 % récupérable. Internet n'a aucun compte dédié : le CGNC de 1992 s'arrête à « télex et télégrammes ». Créez un sous-compte sous 6145 et documentez-le dans le manuel d'organisation comptable du dossier. Un fournisseur étranger sans représentant fiscal impose au client assujetti d'autoliquider la TVA (art. 115).

Quel compte pour une prime d'assurance, et la TVA est-elle récupérable ?

Compte 6134 Primes d'assurances (61341 multirisque, 61343 risques d'exploitation, 61345 matériel de transport). Aucune TVA à récupérer : les opérations d'assurance sont exonérées (art. 91) et soumises à la taxe sur les contrats d'assurances. La TCA figurant sur la quittance est un coût, pas une taxe déductible. La prime reste déductible du résultat fiscal.

Quel compte pour les frais bancaires, et à quel taux de TVA ?

Compte 61473 Frais et commissions sur services bancaires (sous 6147 Services bancaires). Le taux de TVA est de 10 %, pas 20 % : les opérations de banque et de crédit et les commissions de change relèvent du taux réduit avec droit à déduction (art. 99-B-1°). Les agios et intérêts vont en 63115, également à 10 %.

Quel compte pour une amende ou une majoration de retard ?

Compte 6583 Pénalités et amendes fiscales ou pénales, et réintégration extra-comptable : l'article 11-I du CGI exclut « les amendes, pénalités et majorations de toute nature mises à la charge des entreprises pour infractions aux dispositions législatives ou réglementaires » — majorations de retard de TVA, d'IS ou de CNSS, amendes de circulation, amendes douanières. Seule exception : les indemnités de retard de la loi 32-10 sur les délais de paiement restent déductibles.

Quel compte pour une pénalité de retard : 6581 ou 6583 ?

6581 Pénalités sur marchés et dédits (65811 pénalités sur marchés, 65812 dédits) pour une pénalité contractuelle — retard de livraison, dédit. Elle reste déductible : ce n'est pas une infraction à une disposition législative ou réglementaire, elle échappe donc à l'article 11-I. Le 6583, lui, est réservé aux amendes et pénalités fiscales ou pénales, et se réintègre. C'est la distinction à faire systématiquement.

Quel compte pour un cadeau offert à un client ?

Compte 61447 Cadeaux à la clientèle (attention : pas 61446, qui est Publications). La déductibilité suppose deux conditions cumulatives : valeur unitaire de 100 MAD maximum et support portant la raison sociale, le nom, le sigle ou la marque (art. 10-I-B-1°). Si l'une manque, c'est une libéralité : réintégration totale, pas seulement de l'excédent. La TVA n'est pas récupérable (art. 106-I-5°). Le texte ne précise pas si les 100 MAD s'entendent HT ou TTC ; la pratique retient le TTC.

Quel compte pour un don à une association ?

Compte 61462 Dons (courant), ou 65861 / 65862 (non courant). La TVA n'est jamais récupérable : c'est une libéralité (art. 106-I-5°). La déductibilité, elle, est réservée à une liste fermée de bénéficiaires (art. 10-I-B-2°) et assortie de plafonds ; hors liste, le don est une libéralité non déductible. Détail des bénéficiaires et des plafonds : voir le guide de l'impôt sur les sociétés.

Quel compte pour un repas d'affaires ou une nuit d'hôtel en mission ?

Les réceptions vont en 61436, les missions en 61435, les voyages et déplacements en 61431. La TVA n'est jamais récupérable sur ces dépenses : l'article 106-I-6° exclut « les frais de mission, de réception ou de représentation », et la NC 717, tome 2, y ajoute l'hébergement, la restauration et le transport de personnes. Comptabilisez ces comptes en TTC. La charge reste déductible si elle est engagée dans l'intérêt de l'exploitation et justifiée.

Quel compte pour la taxe professionnelle ?

Compte 61612. Son libellé officiel dans le CGNC est encore « Patente », car le plan date de 1992 : l'impôt s'appelle taxe professionnelle depuis la loi n° 47-06. Renommez le libellé dans votre paramétrage, mais gardez le numéro. La taxe professionnelle est déductible du résultat fiscal (art. 10-I-C), contrairement à l'IS.

Quel compte pour la vignette d'un véhicule ?

Compte 61673 Taxes sur les véhicules, sous le compte principal 6167 Impôts, taxes et droits assimilés. La vignette est hors champ de la TVA et reste déductible du résultat fiscal en tant qu'impôt à la charge de la société (art. 10-I-C).

Quel compte pour les droits d'enregistrement et de timbre ?

Compte 61671 Droits d'enregistrement et de timbre. C'est également là que va le droit de timbre de quittance de 0,25 % qui frappe toute facture réglée en espèces (art. 252-I-B), avec dispense notamment pour les stations-service et les débitants de tabac. Ces droits sont hors champ de la TVA et déductibles à l'IS.

Quel compte pour la sous-traitance et les travaux confiés à un tiers ?

Compte 6126 Achats de travaux, études et prestations de services, sous le poste 612. TVA de 20 % récupérable, charge déductible. Ne confondez pas avec le 6135 Rémunérations du personnel extérieur à l'entreprise, réservé à l'intérim et au personnel détaché, ni avec le 61365 Honoraires, réservé aux professions libérales.

Quel compte pour les frais de formation du personnel ?

Le CGNC ne contient aucun compte « formation ». Deux traitements défendables : un sous-compte créé dans le poste 613/614, ou le 61365 Honoraires si la prestation est facturée par un consultant. TVA de 20 % chez un organisme classique, mais un établissement d'enseignement privé est exonéré sans droit à déduction (art. 91). Ne confondez pas ces frais avec la taxe de formation professionnelle prélevée par la CNSS, qui va en charges sociales (6174x).

Quel compte pour les fournitures de bureau : 61227 ou 61254 ?

Les deux existent, et ce n'est pas une redondance. 61227 Achats de fournitures de bureau, sous 6122, si l'achat transite par un compte de stock. 61254, sous 6125 Achats non stockés de matières et fournitures, s'il est consommé directement — le cas le plus fréquent dans un dossier de services. TVA de 20 % récupérable et charge déductible dans les deux cas.

Quel compte pour l'achat de marchandises ?

Compte 6111 Achats de marchandises « groupe A » (6112 pour le « groupe B »), sous le poste 611 Achats revendus de marchandises. La TVA est récupérable au taux du bien, 20 % en général, et s'impute en 34552. La variation de stock se constate en 6114, compte correcteur qui peut fonctionner au crédit.

Quelle différence entre les comptes 34551 et 34552 ?

34551 État – TVA récupérable sur les immobilisations : pour tout achat enregistré en classe 2. 34552 État – TVA récupérable sur les charges : pour tout achat enregistré en classe 6. Le choix suit mécaniquement l'arbitrage charge/immobilisation, comme le compte de tiers (4481 ou 4411). Une erreur sur l'arbitrage fausse donc les trois comptes à la fois.

Quel compte pour le petit outillage ?

Compte 61253 Achats de petit outillage et petit équipement, TVA de 20 % récupérable — mais seulement si le bien n'est pas destiné à servir durablement. Aucun seuil de montant n'existe au Maroc : un outil durable est une immobilisation (2332 Matériel et outillage), quel que soit son prix. La NC 717 admet d'ailleurs un amortissement de 30 % pour l'outillage de faible valeur.

Quel compte pour un ordinateur portable acheté 8 000 MAD ?

C'est une immobilisation : compte 2355 Matériel informatique, TVA en 34551, fournisseur en 4481. Le critère n'est pas le montant mais la durabilité : un bien destiné à servir plus de douze mois hors cycle d'exploitation est une immobilisation, quel que soit son prix. Le taux d'amortissement admis par la NC 717 pour le matériel informatique est de 20 à 25 %.

Y a-t-il un seuil de 5 000 MAD pour passer un achat directement en charge ?

Non, et c'est l'idée fausse la plus répandue. Aucun seuil chiffré n'existe dans le CGNC, la loi 9-88, le CGI ou la NC 717 pour classer un bien en charge. Les 5 000 MAD du CGI (art. 11-II et 106-II) sont un plafond de règlement en espèces par jour et par fournisseur, sans rapport avec le classement charge/immobilisation.

Comment imputer une facture réglée en espèces ?

L'imputation ne change pas : compte de charge, 34552, 4411. Ce qui change, c'est la déductibilité — limitée à 5 000 MAD par jour et par fournisseur, sans dépasser 50 000 MAD par mois et par fournisseur (art. 11-II), la TVA suivant le même plafond (art. 106-II). Au-delà, l'excédent est réintégré à 100 %. Ajoutez le droit de timbre de quittance de 0,25 %, à imputer en 61671.

Quel compte fournisseur : 4411 ou 4481 ?

4411 Fournisseurs pour un achat de biens ou de services enregistré en classe 6. 4481 Dettes sur acquisition d'immobilisations pour un achat enregistré en classe 2. C'est l'une des trois écritures que l'arbitrage charge/immobilisation modifie en même temps, avec le compte de charge lui-même et le compte de TVA (34552 ou 34551).

Quel compte pour le leasing d'une voiture de tourisme ?

Compte 6132 Redevances de crédit-bail. La TVA n'est pas récupérable (art. 106-I-3°). Et la déductibilité est plafonnée : la part de redevance correspondant à l'amortissement à 20 % par an sur la fraction du prix excédant 400 000 MAD TTC n'est pas déductible (art. 10-I-F-1°-b, plafond porté de 300 000 à 400 000 MAD par la LF 2025). Sont exclus du plafond le transport public, le transport collectif du personnel et scolaire, les loueurs de voitures et les ambulances.

Quel compte pour l'entretien et la réparation du matériel ?

Compte 6133 Entretien et réparations (61331 pour les biens immobiliers, 61332 pour les biens mobiliers), et 61335 Maintenance pour les contrats de maintenance. La charge n'est déductible que si elle maintient ou remet le bien en état normal sans en augmenter la valeur ni prolonger sa durée d'utilisation (NC 717, tome 1). Sinon, c'est une immobilisation.

Quel compte pour le transport du personnel ?

Compte 61421 Transports du personnel, sous le compte principal 6142 Transports. C'est l'une des rares exceptions favorables : la TVA sur le transport collectif du personnel est récupérable, alors que le transport de personnes est en principe exclu (art. 106-I-3°). Le transport routier et urbain facturé est au taux de 10 % depuis le 1er janvier 2026.

Quel compte pour les frais postaux et les envois par coursier ?

Compte 61451 Frais postaux, sous 6145. Les timbres-poste n'ouvrent pas droit à déduction de TVA. En revanche, une facture de coursier ou de transporteur express supporte une TVA de 20 % récupérable. Ne confondez pas avec le 61425 Transports sur achats, qui concerne le transport de marchandises achetées.

Quel compte pour la publicité et les annonces ?

Compte 6144 Publicité, publications et relations publiques : 61441 Annonces et insertions, 61442 Échantillons, catalogues et imprimés publicitaires, 61443 Foires et expositions. TVA de 20 % récupérable, charge déductible. Attention : les annonces publicitaires sur écran supportent un droit de timbre de 5 % (art. 252-I-A). Le 61447 Cadeaux à la clientèle, lui, obéit à un régime totalement différent.

Sources et références

Ce guide s’appuie sur le Plan Comptable Général Marocain (CGNC, loi n° 9-88) et le Code Général des Impôts. Les numéros de comptes et les règles de déductibilité sont à re-vérifier sur les textes officiels à la date de votre lecture.